L'arrivée des médicaments génériques a été saluée par des vivats par les Sécurités sociales et par les gouvernements soucieux de maitriser les dépenses de santé. J'ai été un des rares dans ce blog à voir l'arrivée des génériques comme une menace sur le développement de nouveaux médicaments car je sais parfaitement qu'une industrie en difficulté financière disposera forcement de moins de moyens pour financer une recherche qui, en sens inverse, devient de plus en plus aléatoire. Et en même temps, je ne vois pas bien les génériqueurs indiens ou israêliens investir lourdement dans une recherche pour laquelle ils n'ont aucune base.

Les faits malheureusement viennent me donner raison puisque, Canalblog228comme vous pouvez le voir ci contre, toutes les grandes sociétés pharmaceutiques diminuent leurs effectifs à tout va. En deux ans ce sont 40 000 suppressions de postes qui ont été annonçées. et sur les 7 dernières années ce sont pas moins de 120 000 emplois qui ont disparu dans cette industrie. Bien sur et heureusemnet, ce ne sont pas tous des postes de chercheurs qui ont été supprimés et à ma connaissance les groupes pharmaceutiques ont plutôt taillés dans les délégués commerciaux et les postes de support.Mais les dépenses de recherches ne peuvent continuer à croitre lorsque le chiffre d'affaire baisse, que les bénéfices s'érodent et que la valeur des sociétés diminue de 30 pour cent.Car telle est l'ampleur du problème auquel l'industrie pharmaceutique est confrontée

Le problème provient de trois causes concomitantes. la première,déja mentionnée est la concurrence des génériqueurs et surtout leur impact infiniment plus brutal que prévu sur les médicaments les mieux établis sur le marché. Ceux ci voient ainsi en six mois de temps disparaitre la moitié de leur chiffre d'affaire!

L'autre cause est  l'application de plus en plus drastique du principe de précaution,- la peur du loup en quelque sorte- qui fait que certains remèdes voient leur développement repoussé parfois considérablement et le cout des développements augmenter.De même les médicaments existants sont de plus en plus remis en cause à l'exemple du Vioxx de Merck. Une firme comme le suisse Novartis, entre des reports d'introduction de médicalments, des retraits de la ventes d'autres et la concurrence des génériques a vu ainsi disparaitre 1.5 millards de chiffre d'affaire annuel.

Enfin, la source des recherches traditionnelles a tendance à se tarir en faveur des nouvelles biotechnolgies, mais ces dernières essuient également pas mal de platres.

Les dirigeants des groupes pharmaceutiques disent pudiquement qu'il va leur falloir trouver un autre modèle de développement, mais sans préciser lequel! Peut être devrons nous aussi en tant que citoyen réfléchir à comment preserver les équipes de recherches en place. Faudra t il faire participer les ventes de génériques au financement de leurs concurrents généralistes (!!!), ou considérer que la durée des brevets dans les médicaments devait être peut être augmentée d'un temps de développement toujours plus long? Ou bien encore que le médicament étant forcement un produit chimique actif, il ne peut pas ne pas avoir parfois d'effets collatéraux sur d'autres organes ou d'autres pathologies mais que c'est le rôle du corps médical de suivre ces effets en application pour en affiner les préconisations?

Enfin, une question qu'il m'est déjà arrivé de poser:la recherche publique a elle abandonné totalement le développement des médicaments?

Qu'en pensez vous?