La législation américaine continue d'admettre la possession et la detention d'armes à feu par les citoyens américains en dépit des carnages réguliers que l'on observe sporadiquement avec ces armes à feu. C'est l'héritage, nous dit on, de l'histoire américaine et de l'expansion de son territoire vers l'ouest qui s'est fait, en l'absence de police et de justice, au bout du canon. Une culture qui reste d'autant plus vivace chez les américains que la sécurité y reste problématique.

Or la Cour Suprème vient de s'inviter dans ce débat  au moment où les candidats aux futures élections présidentielles vont devoir faire assaut de propositions plus mirobolantes les unes que les autres pour parvenir à la magistrature suprème.

La base du droit à posséder un arme est l'article 2 de la Constitution  qui dit textuellement "qu'une milice bien controlée étant nécessaire à la sécurité d'un état libre, le droit du peuple à garder et porter des armes ne doit pas être restreint". Un libellé qui fait référence aux milices des premiers temps des Etats Unis mais que les partisans des armes à feu ont considérés comme se référent également aux individus. Depuis plus de 70 ans, le débat fait rage sur le fait de savoir si ce second article définit bien un droit individuel à la détention et au port d'arme.

Le sujet est revenu d'actualité lorsque le District de Colombia, celui qui entoure Washington(Washington DC) et est fédéral, a pris une ordonnance en Mars dernier stipulant que les armes de poing devaient être maintenus demontées, non chargées ou encore avec la gachette bloquée. Les partisans des armes à feu ont immédiatement fait appel de cette ordonnance et ont obtenu de la Cour d'appel de Washington qu'elle annulle cette ordonnance comme contraire à l'article 2 de la constitution. George Bush lui même est monté au créneau pour dire publiquement que l'interprétation de cet article par le District de Columbia sur lequel  était basé son ordonnance était erronnée.

La Cour Suprème vient d'accepter de se prononcer sur l'interprétation de cet artcle 2 et sur le fait qu'il établisse, ou non, un droit individuel à la détention d'armes de poing.La Cour a prévu d'écouter les arguments des partisans et des opposants à ce droit en Mars et de statuer sur l'interprétation de l'article en juillet... quelques mois avant l'élection présidentielle de septembre

C'est dire si d'içi là le débat public sur ce sujet va être vif et si le port des armes à feu va devenir un des sujets critiques de la campagne présidentielle, voire même le sujet qui determinera le futur Président. Les candidats républicains ont dejà fait part de leur opinion que l'article 2 de la constitution reconnaissait bien un droit individuel à la possession et au port d'armes de poing. Les candidats démocrates, eux, font le compte des électeurs qu'un telle position peut faire gagner ou perdre avant de prendre une position publique!

En tous cas Bravo à la Cour Suprème pour avoir eu le courage d'accepter de traiter le problème et de l'avoir fait de manière à ce que les politiques candidats à l'élection présidentielle et le futur président soient élus en toute connaissance de cause.

Rendez vous au mois de Juillet.