Après les principes, parlons des actions annoncèes dont certaines ont un aspect anecdotique et médiatique qui font que vous les verrez en première ligne dans vos journaux( écopastille,mise au normes des batiments de l'Etat,suppression des lampes à incandescences etc) et dont certaines sont , à mon sens, beaucoup plus importantes et porteuses d'effets à terme.

Pour les mesures dont les effets seront les plus positifs:

-Le lancement du chantier de la rénovation du parc de batiment et de logements anciens.L'efficacité d'un telle rénovation sur des batiments dont beaucoup ont plus d'un siècle et sont des gouffres à énergie est sans commune mesure avec l'installation hypersubventionnée d'éoliennes ou de panneaux solaires ou d'autres mesures plus médiatiques qu'efficace en premier lieu dans un programme qui sera forcement limité par son financement. En plus elle créera de l'emploi en France là où les panneaux et éoliennes feront travailler des japonais, des allemands ou des danois.Ces mesures devront être par contre lourdement subventionnées car les propriétaires de logements vétustes à qui cet effort sera demandé n'ont pas forcément les moyens de faire face à de tels surcouts. L'important sera donc la masse de subventions qui pourront y être accordé et le mécanisme de soutien.

-La rénovation du parc de véhicule anciens en France. Dans ce domaine, il est facile de stigmatiser les 4X4 dont certains ne sont pas si consommateurs qu'on veut bien le dire et d'oublier que l'essentiel de l'effort doit porter sur le renouvellement de parc. Une vieille R5 à essence de 20 ans d'age émet plus de polluants et de CO2 que son homologue récente. Pourtant, comme dans la rénovation des logements anciens, leurs propriétaires n'ont pas nécessairement les moyens de les remplacer. Il va donc falloir les y aider comme à l'époque de la prime Balladur. La définition de l'ampleur de cette aide et de son mécanisme sera donc cruciale pour l'effet de cette mesure ainsi que la priorité qui lui sera donnée par rapport à d'autre suggestions plus médiatiques. Sur le plan de l'impact sur l'emploi n'oublions pas qu'une voiture sur deux vendue en France est produite à l'étranger

-Revoir la répartition des transports industriels entre les différents mode de transport entre route, fer, aérien et maritime est un bon principe mais dont l'ampleur des effets ne dépendra pas seulement des investissements qui y seront consacrés mais d'une équation entre le cout de ces différents modes et la qualité du service. Si le transport camion s'est aussi incroyablement développés c'est parce qu'il battait largement le rail dans ces domaines.Diminuer les émissions du secteur transport passe donc d'abord par rendre le transport ferroviaire performant, une tache que le secteur public, malgrés de larges suvbentions, n'a pas réussi à faire. Noublions pas non plus que la supériorité du transport ferroviaire en émission de CO2 repose sur un élément qui lui est totalement extérieur, le choix du nucléaire pour la production d'électricité en France et donc pour l'alimentation des trains.Le bilan énergétique de TER propulsés par des moteurs diesels est, à ma connaissance, plus que douteux

-Le principe de devoir payer ce que l'on achète( energie, transport, carburants,productions agricoles, etc) en fonction de son cout de production plus son cout environnemental est susceptible de faire évoluer nos pratiques industrielles et nos pratiques d'achats individuels. La régulation par le porte monnaie a toujours été un levier très fort pour les gouvernements du monde entier pour orienter nos choix d'achats dans la direction qui leur parait la plus appropriée. Un étude récente aux Etats Unis vient de monter que la régulation incitative par les prix avait des effets plus forts et des résultats meilleurs qu'une régulation coercitive par l'édiction de règlements environnementaux. Si cet outil de modification de nos pratiques et de nos comportements est très fort et se doit d'être utilisés, nul ne peut prévoir réellement quel en sera l'impact et les conséqunces en terme d'emploi dans un monde ouvert à la concurrence

Dans les mesures annoncées ou les non décisions d'ailleurs qui me paraissent avpoir pi l'isnant un effet négatif  je citerais:

-La non décision sur la manière de produire l'electricité sans émettre de CO2 alors que le Grenelle de l'environnement semble considérer comme acquis que notre économie peut continuer à croitre dans le cadre du développement durable me parait grave car elle risque de se traduire dans un avenir proche par un pénurie d'electricité en France alors que ce vecteur énergétique va devoir se substituer de plus en plus au pétrole.La première chose à faire, en fonction des choix environnementaux issus de ce Grenelle, est d'en quantifier l'impact sur nos besoins énergétiques futurs et de voir comment les satisfaire. Si le choix est pour le développement du nucléaire, à 12 ans en moyenne pour construire une seule centrale et 58 centrales anciennes à revoir, c'est maintenant qu'il faut s'y prendre si on ne veut pas faire face à une pénurie d'énergie grave dans les années 2030. Si le choix est pour le non nucléaire, il faut nous dire comment on peut alors respecter nos engagements de réduction d'émission de CO2.Le choix n'est pas anecdotique car tous ce qu'il est souhaitable de faire en matière de réduction d'émissions depend de ce choix fondamental.

-Autre impact fondamental non mesuré(!!) avant les annonces de décisions, celui sur l'emploi qui risque d'être bouleversé par toutes les mesures annoncées. Les idéologues de l'écologie semblent considérer comme acquis qu'il est possible d'avoir une économie respectueuse de l'environnement tout en poursuivant notre croissance économique, qui d'ailleurs n'est pas synonyme de croissance des emplois. Il me parait à tout le moins important de vérifier l'impact de cette batterie de mesures sur l'emploi et en particulier de l'emploi ouvrier et employé. On voit bien que le batiment et les TP et leurs fournisseurs devraient bénéficier de demande et d'emplois non délocalisables supplémentaires. Par contre d'autres métiers devraient, eux, être affectés en sens inverse, le transport par exemple, peut être la construction automobile, peut être l'agriculture, soit pas renchérissement significatif de leurs productions, soit par délocalisation ou appel à l'importation.

-Enfin le flou dans lequel est laissé le secteur agricole est préoccupant.

Voila ce que je voulais dire sur le processus de Grenelle. Il a le mérite d'avoir déclenché un mécanisme impératif pour savoir où nous allons dans ce domaine. Par contre de considérables zones d'ombres restent à analyser, ce qui na rien de surprenant au vu de la complexité  du changement de nos modes de vie qui la disparition du pétrole va nécessiter. Il fait donc continuer et approfondir car le seul volontarisme et les effets d'annonces ne suffiront pas à prendre en compte la totalité des paramètres qui vont affecter notre vie et celle de nos enfants