On savait que la protection de l'environnement n'avait pas été le soucis principal des dirigeants de l'ex Union Soviétique. Un rapport de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique(OCDE) vient nous le rappeller à point nommé.

Il révèle que 47 millions de Russes sont exposés à des concentration trop élevées de Dioxyde d'azote, point de départ de l'acide nitrique,que la moitié du Tadjikistan n'a pas accès à l'eau potable, qu'il en est de même pour un tiers des Moldaves et que l'on continue à vendre de l'essence plombée(!) au Tadjikistan et au Turkménistan.Le tout sur fond d'usines polluantes, d''infrastructures inadaptées et de méthodes de gestion obsolètes des problèmes environnementaux.

Passons sur le réseau d'oléoduc russe qui fuit comme une passoire.C'est pour cela que quand la Russie s'abrite derrière des défauts de respect présumés des normes environnementales pour récupérer sans frais le controle des gisements pétroliers de Sahkaline et d'autres mieux en cours de developpement par des sociétés internationales, on ne peut qu'être sceptiques.Point d'orgue de cette litanie de désastres écologiques, bien sur, Tchernobyl et sa gestion dramatiquement déficiente.

Les choses ont elles changées depuis l'éclatement de l'ex Union Soviétique et l'entrée dans un monde plus ouvert et plus réceptif à la protection de l'environnement des républiques et ex républiques soviétiques?D'après le rapport de l'OCDE, pas vraiment même si des progrès significatifs ont été constatés pour la mise en place du cadre juridique et politique d'une réglementation de la protection de l'environnement. Car, mettre en place une règlementation c'est bien, la faire respecter ce serait mieux...

Dans le domaine des émissions de CO2 qui, sans être une pollution classique, sont le danger important que nous connaissons pour le climat de la planète, ces pays ont une chance historique de profiter du système d'échange de droit à CO2 mis en place par le protocole de Kyoto ,pour faire subventionner  à bas cout et avec un retour immédiat sur investissement l'amélioration de l'efficacité énergétique de leurs usines. La région serait en effet susceptible de fournir 40pct du marché des droits à CO2  alors qu'elle n'en fournit que 1pct ! Autant dire qu'il ne se passe rien pour rendre leurs usines moins émettrices de CO2. A l"heure où nous réunissons des "Grenelles" de l'écologie pour définir les mesures à prendre en France pour gagner quelques pour cent d'émissions en moins, il est consternant de penser que cet effort et les baisses de niveau de vie qui risquent d'en être la traduction concrète, risquent fort d'être inutile face à l'absence d'efforts corrélatif de nos voisins très proches

L'OCDE propose ainsi une soixantaine de recommendations à ces pays et un plan en 9 points pour accélérer les réformes en matière d'environnement. Il reste à les convaincre de les mettre en place et à les faire passer aux actes. Ce n'est pas gagné d'avance...