L'Assemblée Nationale vient d'approuver la signature par la France du protocole de Londres sur les brevets dont le but était de rendre le coût de la prise de brevets dans l'Union Européenne plus acceptable pour les entreprises européennes et en particulier les PME pour lesquelles ce coût elevé était un vrai repoussoir.Le dépot du brevet se fait actuellement dans l'une des 3 langues officielles,l'anglais, le français et l'allemand, et son examen et sa publication finale également.Par contre c'est au stade de la validation dans chaque états membres(32 signataires de la convention européenne sur les brevets) que la nécessité de traduire l'intégralité de ces brevets dans toutes les langues de ces 32 pays apparait avec les difficultés pour trouver des traducteurs pour certaines langues et des couts de traductions rédhibitoires. 

Le compromis trouvé pour rendre plus compétitifs ces coûts (30 000 euros contre 7600 aux Etats Unis et 10600 au Japon !)consistait à couper le brevet en deux parties,la première, celle qui décrit le principe de l'invention,les nouveautés apportés et les revendications qui délimitent l'étendue de la protection demandée, qui devait être traduite dans les trois langues officielles et la seconde, celle qui décrit les détails et les schemas pouvait être laissé tels quels dans une seule des trois langues de dépot.De ce fait la partie essentielle du brevet deviendra disponible dans les trois langues officielles .

La dessus les voix des défenseurs de la langue française et de la francophonie, des souverainistes et d'une pléiade d'intellectuels, artistes et écrivains, se sont élevées,criant au sacrilège et à l'abandon de notre langue  avec l'aide de la confrérie des traducteurs qui voient une partie de leur business disparaitre.Ce débat dure depuis 2000, date de mise au point du protocole de Londres, et la France bloque l'avancement de la ratification de ce protocole  du fait qu'elle est une des 3 langues officielles!canalblog_203

Or de quoi parle t on? De 5pct des 200 000 demandes de brevets qui sont faites en français. On peut effectivement voir le verre à moitié plein ou à moitié vide et se dire que, si on est de ceux qui voient ce verre à moité plein, la totalité des brevets européens sera traduite en Français du fait de l'obligation nouvelle de fournir la première partie dans les trois langues ou, si on est du coté de ceux qui voient le verre à moitié vide, que ces dispositions placeront les entreprises françaises en position défavorable.

La faible proportion des demandes de brevets en français semble devoir reflèter malheureusement beaucoup plus le manque de créativité de la recherche française que la représentativité de la langue française.

Dans le monde d'internet d'aujourd'hui, on peut tout de suite avoir l'opinion des français et c'est ce qu'un sondage sur une question connexe, celle de savoir si le français peut être la langue des affaires, revèle.Les français en effet pensent à 62 pct que le français peut l'être.Ils ignorent peut être que l'utilisation d'une langue plutôt qu'une autre dans les transactions commerciales reflétent la puissance économique d'un pays et des ses entreprises  et qu'à ce jeu il n'y a malheureusement pas photos entre les entreprises anglo saxonnes et les notres. Elle reflète également le droit des affaires prévalent dans ces transactions, et la aussi le droit anglosaxon a depuis longtemps pris le dessus sur le droit latin dont il est patent que nous, français, n'avons pas suffisamment assuré la promotion.Par ailleurs au fur et à mesure que l'internationalisation des entreprises se poursuit le problème de la langue d'entreprise se pose, y compris aux entreprises françaises, et que la seule langue mondialement repandu est l'anglais.

Pour toutes ces raisons, le français ne pourrait pas être la langue des affaires, quelles que soient ses qualités. Peut être faudrait il quand même expliquer à nos compatriotes que le beau temps où le français dominait le monde est terminé et qu'il est devenu contreproductif de s'attacher au respect idéologique et cocardier de notre langue dans le monde d'aujourd'hui, tout au moins dans les relations commerciales. Car sur le plan de la culture, qui incidemment était celui qui primait au moment où le français était parlé dans toutes les cours d'Europe, il n'y a rien qui empèche nos artistes, écrivains et intellectuels de faire retentir haut et fort la qualité de notre language.

Un dernier commentaire. La totalité des pays du monde parlant une langue autre que le français ne semblent pas avoir d'état d'ames sur cette domination de l'anglais,bien sur parce qu'ils n'ont pas connu une période de domination mondiale comme celle qu'a connu la France et sa langue. Peut être devrions nous accepter les évidences...