Nous ne voyons de l'Iran que les éclats de voix, les rodomontades et les déclarations fracassantes du Président de la République élu, Mahmound Ahmadinejad. Pourtant, comme j'avais eu l'occasion de le préciser dans un message du 14 aout 2006 intitulé "Qui commande quoi en Iran", le vrai maitre de l'Iran est le Guide Suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, aussi discret que Ahmadinejad est fracassant. C'est lui qui commande à la Justice, à l'Armée et aux Pasdarans, l'armée bis de l'Iran et qui a le pouvoir de destituer le Président de la République.Le pouvoir religieux en Iran commande au pouvoir politique.

Qui nomme le Guide suprème? Une Assemblée dite des experts qui comprend 86 religieux et qui a pour rôle de superviser l'action du Guide Suprême et de décider de son successeur.

Or la situation de l'Iran n'est pas aussi facile que ce qu'en pretend Mahmoud Ahmadinejad.La situation économique y est désastreuse, le carburant y est rationné ce qui est un comble pour un pays pétrolier de cette importance, la production est en baisse, les investissements étrangers ont disparu, les promesses faites n'ont pas été tenues et finalement les sanctions internationales font quand même mal.

Dans ces circonstances que peut signifier l'élection de l'ancien Président iranien Hashemi Rasfandjani et concurrent malheureux de Ahmadinejad aux dernières élections, à la tête de l'Assemblée des experts? Un retour du balancier politique vers une politique plus accomodante avec l'occident qui permette d'éviter un troisième round de sanction des Nations Unies?Un besoin de remettre un tant soit peu l'économie sur pied au moment où les américains vont inévitablement abandonner l'Irak à son sort? Un retour des conservateurs pragmatiques comme Rasfandjani lui même qui a recemment proné la modération dans le dossier nucléaire. Ou un simple positionnement comme candidat lui même au poste de Guide Suprème ou tout au moins comme un faiseur de Roi?

Nul ne peut le dire tellement les arcanes du pouvoir iranien sont complexes.L'avenir nous dira si finalement nous sommes proches d'un changement de pied de la politique iranienne...