Le conflit syndical à la Deustche Bahn a ceci de particulier qu'il s'agit d'un conflit entre la direction et un syndicat catégoriel,le syndicat GDL, celui des conducteurs, des controleurs et des agents de la restauration, le personnel embarqué donc.Il existe deux autres syndicats généralistes au sein de la Deutsche Bahn, Transnet et GDBA, qui avaient signé des accords avec la direction avant l'action du syndicat GDL et qui y sont majoritaires. C'est ce qui explique l'aspect particulier de ce conflit.

Ce n'est apparemment pas le seul cas dans le syndicalisme allemand de virage vers un syndicalisme catégoriel avec par exemple les pilotes de la Lufthansa qui se sont regroupés dans le syndicat VC, celui des médecins la Marburger Bund etc.De même le syndicat le plus important de l'industrie allemande, IG Metall, qui compte 2 300 000 adhérents est sous la menace d'une scission des salariés du secteur de l'automobile qui s'estiment mal défendus par ce syndicat généraliste.Il est vrai que, dans le même temps, le syndicat Ver.di a réussi la fusion de 5 syndicats dans le secteur public et la fonction territoriale pour représenter maintenant un millier de professions.

Cette évolution traduit sans doute une diversification des intérêts des différentes catégories et fonctions dans les entreprises et peut être aussi une évolution vers un syndicalisme plus revendicatif. Les nouvelles générations et les exclus du monde du travail se sentent moins proches des principes de bonne compréhension du fonctionnement de l'économie et de la cogestion qui sont si particulier au syndicalisme germanique.

Si je vous signale cette évolution, c'est parce qu'elle constitue un retour vers la situation syndicale en Angleterre au temps du Premier Ministre Harold Wilson, avant que sous Margaret Thatcher, ce syndicalisme ne se transforme radicalement.Travaillant en Angleterre à l'époque, je me souviens des grèves sectorielles successives dans les entreprises, fonction après fonction, qui finissait par perturber totalement le fonctionnement des entreprises. Les electriciens un jour, suivi des caristes un autre, des conducteurs de camions un autre encore et ainsi de suite. Ce fut une période noire pour l'industrie anglaise.

Le danger de cette évolution vers la syndicalisation par catégorie professionnelle, c'est justement le risque de blocage des entreprise pour des problèmes spécifiques qui ne concernent qu'une toute petite partie des salariés de l'entreprise.Alors attention danger...