Après les soubresauts de gouvernance d'EADS et d'Airbus qui nous ont éloigné un temps  des choses importantes pour l'avenir de l'aéronautique européenne, le Salon du Bourget permet de nous recentrer sur l'essentiel, qui est le "produit", en l'occurence l'avion de l'avenir, le Boeing 787 Dreamliner et son concurrent l'Airbus 350 XWT.

Rappelons tout d'abord que s'il y a eu panique à bord d'EADS/Airbus, c'est parce que le concept de la première version de l'Airbus 350 était un modèle fait à la va vite sur un coin de table pendant que la société était concentrée sur l'A 380 et non pas un modèle abouti et novateur comme celui de son concurrent Boeing 787. Un vrai scandale à mon sens qui montre qu'Airbus et ses dirigeants ne savent pas écouter leurs clients et traduire leurs besoins en un produit adapté à leurs exigences et pas aux rèves de ses ingénieurs.Passons, nous saurons pourquoi et quand Monsieur Forgeard a exercé ses stock options mais pas quel processus,-et accessoirement qui-, était le responsable de cette erreur monumentale de jugement et s'il a été modifié depuis. Telle est notre société de la médiatisation et de l'accessoire...

Quelles ressemblances et différences entre ces deux avions?

Tout d'abord sur le plan du concept du transport aérien, ils sont l'émergence du transport "Point to Point", de la liaison directe d'un aéroport à un autre par opposition à celui du "Hub", l'aéroport de concentration sur lequel les compagnies aériennes rapatrient leurs passagers et clients pour remplir leur très gros porteurs. L'anthithése en quelque sorte du concept auquel l'A 380 est destiné. Pourquoi? Parce que le client préfère le vol direct, plus rapide, plus confortable et avec moins de risques de perte de bagages et de loupé de correspondance...Une mise en évidence incidemment de la faible efficacité et fiabilité du fonctionnement des aéroports internationaux.

Sur le plan technique ensuite, le Boeing 787 est l'avion 100pct construit en carbone et matériaux composites, ailes et fuselage. L'Airbus A 350 aura des ailes toutes en carbone mais un fuselage mixte aluminium et composite, plus lourd et plus consommateur de carburant à priori, toutes choses égales par ailleurs, mais qui a l'avantage, l'aluminium étant conducteur de mieux régler les problèmes de foudre et perturbations électrique et ceux des réseaux électriques. L'avenir dira lequel est le meilleur.

Autre différence majeure, le processus de fabrication et de mise en route de cette fabrication. Dans le cas du Boeing, un assemblage final réduit au rapprochement et au collage de différents morceaux en provenance de différents fournisseurs spécialisés et de plus en plus partenaires dans le projet global.Le tout sous le controle des très puissants logiciels Catia et al du français  Dassault Système. Chez Airbus, un type de fabrication qui, tout en s'améliorant continuellement en intégrant  de nouvelles techniques (l'usinage mécanique des grandes pieces en alùminum au lieu d'usinage chimique), reste conceptuellement "à l'ancienne" avec un maitre d'oeuvre et encore participant essentiel de la fabrication,Airbus, et des "petits" sous traitant aux ordres. La aussi l'avenir dira lequel de ces modèles est le meilleur et le plus compétitif. Notons néanmoins d'ores et déjà qu'Airbus, en mettant en vente certaines de ses usines évolue à grands pas vers le modèle Boeing.Quant à l'utilisation manquée des logiciels Dassault Systèmes, qui est peut être le résultat des nationalismes et du syndrome NIH( Non Invented Here), je crains qu'il n'y ait pas le choix et qu'il faille qu'Airbus/EADS  y passent en France comme en Allemagne.

Voila un tableau résumé de cette compétition au couteau entre les deux seuls avionneur mondiaux restants. Airbus conserve toutes ses chances à condition qu'il resolve les problèmes sociaux que ces différences d'approche induisent. Mais quel dommage qu'il se soit endormis une année ou deux pendant que son concurrent, dans la discrétion, faisait sa révoluion...