Un rapport vient de paraitre sur les causes de la gigantesque panne d'électricité qui a touché toute l'Europe, en provenance de l'Allemagne, le 4 novembre dernier. Il émane de l'Union pour la coordination du transport d'électricité,UCTE,qui avait été chargé d'identifier les causes de cette panne majeure.

La cause initiale était connue, une coupure volontaire sur un partie du réseau Allemand Haute Tension pour laisser passer un bateau. Ensuite un non respect des procédures par l'opérateur allemand de cette partie du réseau E.ON, une absence de coordination et d'information des autres opérateurs de réseaux européens et quelques insuffisances dans les réseaux de transport électrique qui sont apparus à cette occasion.En très gros, l'ouest de l'Europe s'est trouvé sous alimenté et a coupé automatiquement l'alimentation de certaines zones tandis que.l'est de l'Europe, où soufflait un fort vent, n'a pas pu absorber la production des éoliennes.

Cet incident a mis en évidence le rôle d'un acteur peu connu de notre confort électrique, son réseau de transport. C'est pourtant un outil indispensable qui assure à tout moment l'équilibre permanent entre production et consommation d'un produit que l'on ne sait pas stocker, l'electricité. C'est un outil très technique que peu de société et de personnes maitrisent parfaitement et dont on a tendance à minimiser le rôle alors que c'est lui qui pilote la production d'électricité.

Il est vrai que l'Europe ne lui a pas simplifié les choses en raccordant des réseaux nationaux batis pour leurs seuls territoires et à des normes parfois différentes, dans des états  de développement et d'entretien très variables gérés par un ou plusieurs opérateurs et avec des interconnections minimales. Rajoutez la dessus un zeste de barrière linguistique et le peu d'habitude de coopérer et vous en arrivez à des incidents comme celui du 4 novembre ou celui d'il y a trois ou quatre ans en l'Italie. Vous comprenez maintenant pourquoi le Commissaire Européen recommande de séparer les producteurs d'electricité et les gestionnaires des réseaux , ceux çi ayant vocation, contrairement à leurs collègues producteurs, à rester dans le giron des états et à être de plus en plus largement interconnectés.

Autres facteur impliquant des modifications sensibles de leurs architecture, l'arrivée de sources de productioncanalblog86 décentralisées commes les éoliennes ou les installations solaires, dont certaines fabriquent du coiurant continu(!). Car les réseaux actuels ont été conçus avec un seul sens de circulation du courant, en quelque sorte, des usines de production vers les utilisateurs et des réseaux différencièes à Très haute Tension, Moyenne tension et Basse tension qui se déversent les uns dans les autres en passant par des transformateurs. Alors qu'il leur faudra intégrer à l'avenir  de multiples petites sources de production décentraliséés, parfois à la production intermittente et imprévisible, et à des normes techniques qui n'ont rien à voir avec celles des énormes unités de production que nous connaissons.

Autre détail,il leur faudra pouvoir compatibiliser très précisement les quantités passantes sur chaque partie du réseau pour chaque  que chaque opérateur puisse les facturer à ses clients. Il faudra aussi pouvoir connaitre avec précision les couts de passages pour les facturer au producteur.A ma connaissance,le réseau d'EDF devenu RTE, n'affectait pas  jusqu'içi à ses différentes usines leurs couts de distribution. La aussi, la conduite du réseau de distribution par un opérateur qui sera également le producteur majeur ne peut qu'alimenter les suspicioons sur la répartition correcte des quantités en transit et des frais!

Le Schema ci dessus vous donne une idée de ce que devrait être un réseau électrique dans quelques années, réunissant entre elles des sources de production et de consommation de nature totalement différentes. Avant d'en arriver là, il faudra des années d'études et de développement de transformateurs et de matériels d'interconnection divers.

Autre nécessité dans ces temps d'économie d'énergie et de réduction d'émissions, il va falloir connaitre de manière de plus en plus fine la demande des utilisateurs pour pouvoir optimiser au mieux la production et les émissions des usines. Une lourde tache comme vous voyez  qui impliquera la remontée d'information du terrain par toute sorte de moyens techniques en commençant par des compteurs intelligents, comme l'Enel est en train d'en installer en Italie, ou des courants porteurs en ligne..On en arrivera peut être même à piloter votre chauffage ou votre climatisation en fonction de l'electricité disponible et des émissions de CO2 du moment. Big Brother n'est pas loin comme vous voyez.

L'ensemble des grands électriciens dans le monde et des concepteurs de matériels electrique travaille en ce moment sur ces réseaux du futur. C'est la plateforme appellé Smartgrids qui constituera le socle de ce système commun à l'Europe sur lequel les électriciens européens se sont mis d'accord et travaillent.

Tout ceci serait inutile si par un coup de baguette magique, nous pouvions trouver la recette du stockage de l'électricité.J'avais eu l'occasion dans ces messages dejà ancien de signaler ce sujet de recherche comme un des plus importants pour l'humanité.C'est pourtant un des moins connus du grand public au point que, si on annonçait brutalement sa découverte au journal télé, elle passerait inaperçue! Cà ne semble pas être pour demain en tous cas...

NB Désireux de montrer leur soucis des économies d'énergie et de la limitation des émissions, nos ONG suivis de nos hommes politiques nous ont comme un seul homme demandé de couper notre électricité pendant 5 minutes  à 8 heures pétantes comme dirait Stéphane Bern,il y a quelques jours.  Quelques techniciens passés inaperçus sont néammoins venus nous expliquer qu'un telle manoeuvre était au contraire dangereuse pour les réesaux car elle risquait de déséquilibrer brutalement production et consommation. C'est dire le niveau de compétence limité de nos discoureurs écologistes et politiques. Rallumez la Tour Eiffel SVP!