20 février 2007
Connaissez vous les aliments fonctionnels?
Peut être les connaissez vous mais sans le savoir. Le plus connu est le fameux Actimel de Danone, un grand succés. Ou encore les yaourts Ba ou Activia.
Ce sont donc des aliments mais qui offrent la particularité de contribuer au bon fonctionnement de telle ou telle fonction corporelle et qui se developpent fortement en ce moment.Peut être pensez vous qu'il ne s'agit que de publicité plus ou moins mensongère comme les intitulés très prudents des qualités de ces produits pourraient vous le faire croire: Les" contribuent à ceci ou cela", les "aide à mieux "..., les "améliore le fonctionnement de"... sont légion dans les argumentaires de ces aliments et fleurent bon le boniment publicitaire voire parfois carrément le mensonge sur leurs qualités.
Et pourtant, il y a un chien de garde pour éviter les dérapages de la promotion des qualités fonctionnelles de ces aliments qui est l'AFFSAPS, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, qui exige des fabricants de réaliser certains essais cliniques sous controle médical avant de pouvoir mettre en avant elle ou telle qualité de leurs produits.Ca n'a rien à voir avec les essais exigés pour un médicament avant sa commercialisation mais ça se rapproche de ce que l'on appelle les essais pharmaceutiques de Phase I. Des essais nutritionnels sur une population de personnes en bonne santé et à la dose à laquelle ces aliments sont censés être consommés réalisés sous controle medical.
Au total il faut de 7 à 8 ans de travail pour mettre sur le marché un aliment fonctionnel comme ceux que je viens de vous décrire. Il faut d'abord identifier le composant qui apporte un bénéfice fonctionnel jugé intéressant, l'essayer sur des modèles cellulaires puis sur les animaux et en optimiser l'action et l'effet sur le métabolisme. En parallèle, on en vérifie l'inocuité toxicologique. Ensuite quand on a identifié la molécule et son principe actif, il faut l'incorporer à tel ou tel type d'aliment tout en conservant son attractivité organoleptique, c'est à dire son gout.
Car, le public. et en particulier le public français, reste particulièrement sensible au gout du produit qui doit rester attractif sous peine d'échec. Les aliments fonctionnels qui n'ont pas marché sont ceux dont le gout avait été trop dénaturé pour qu'ils soient encore considérés comme des aliments.
Les plus connus sont ceux qui sont censés s'intéresser à votre digestion et à votre transit intestinal, à votre forme physique et à la maitrise de votre poids. On y trouve les Actimel, Ba, Activia et le petit nouveau de chez Danone,le yaourt qui hydrate de l'intérieur, Essensis ou leurs équivalents chez l'autre grand de l'alimentation lactée, Nestlé.Une autre voie de recherche est également prospectée en ce moment qui est la classe des aliments qui auraient un impact sur le développement cérébral, pour les enfants, ou au contraire sur son dépérissement, chez les séniors.
Au total, les programmes de recherches entrepris sur ces aliments portent sur des budgets de l'ordre de 1 à 3 pct du chiffre d'affaire de ces produits et sont de l'ordre de 500 000 à 1 million d'euros tous les ans. Autant dire qu'un tel effort de recherche exclu les petits fabricants d'un combat qui se déroule exclusivement entre les géants de l'industrie alimentaire.
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