La crise du pétrole de l'année dernière était une combinaison d'une certaine pénurie de brut mais aussi des insuffisances du raffinage mondial aux Etats Unis comme partout dans le monde.Or les pétroliers segmentent leurs activités entre l'exploration/production, le raffinage et la distribution, chacun de ces segments étant supposés avoir sa propre rentabilité.

Pour une raffinerie la rentabilité se calcule à partir du prix des bruts raffinés et du prix de vente des produits finis commercialisés, dont le cours est fixé tous les jours sur le marché de Rotterdam. Ensuite on rapporte le résultat obtenu à la valeur dans les livres de la raffinerie pour en determiner le retour sur investissement. Le segment Distribution procède de même pour calculer son propre résultat et sa propre rentabilité entre le prix des produits qu'il achète à la sortie de la raffinerie, le prix de ses ventes rapporté à  la valeur de ses équipements, stations services, dépots, pipeline et camionnage.

Pendant des années, le raffinage et la distribution en Europe ont été soit à l'équilibre soit en déficit, ce qui a amené les compagnies pétrolières à désinvestir en particulier dans les stations services, mais tout en gardant leurs outils de raffinage.

Il semble que désormais les pétroliers internationaux se désintéressent du raffinage pour se concentrer sur l'exploration et la production de brut, lancés qu'ils sont dans une course permanente à la hausse de leur production qui est un des éléments de base du jugement des analystes financiers sur leur santé financière. Par ailleurs, l'exploration/production demande des investissements de plus en plus lourds ce qui fat qie le raffinage semble devenir un parent pauvre dans cette chaine d'activité.

C'est du moins ce que me laisse à penser la vente par BP de sa dernière raffinerie en Angeterre, celle du Coryton sur l'estuaire de la Tamise qui alimentait la zone de Londres. Penser que le pétrolier national britannique ne dispose plus d'une seule raffinerie sur le sol de son pays d'origine laisse en effet à réféchir.

Mais pour vendre il faut trouver en face un repreneur. Et la aussi l'industrie bouge. Il est apparu des sociétés de raffinage spécialisées, en l'occurence la société Petroplus, dont le siège est en Suisse et dont l'actionnaire principal est le fond d'investissement américain Carlyle. La dite société, fondée seulement en 1993, rachète depuis au gré des désengagements des pétroliers internationaux, les raffineries européennes disponibles. Après celle de Daewo, à Anvers, elle a racheté à Shell celle de Cressier en Suisse, celle de Teeside en Angleterre puis celle d'Ingolstadt en Allemagne. Avec celle de Coryton elle accroit sa capacité de raffinage de 55pct! Elle est également sur les rangs pour racheter les raffineries mise en vente par Shell en France 

Achété par Carlyle en 2000 pour 510millions d'euros, elle en vaut maintenant, après ses multiples achats, pas loin de 4.5 milliards de dollars; C'es dire que ce raffineur indépendant et son actionnare de référence ont su trouver le " business model" qui rapporte que n'avaient pas su trouver les pétroliers internationaux.

A signaler qu'aux Etats Unis, et du fait de l'immensité du pays, il existait depuis longtemps des pétroliers indépendants de ce type comme Valero, qui, eux, se diversifient désormais vers la distribution....

A suivre

NB:Le groupe ExxonMobil fait également  l'objet de rumeurs de désengagement de sa filiale de raffinage/distribution Esso France qui exploite des raffineries et des complexes petrochimiques à Port Jerome/Nd de Gravenchon et à Fos.