Le déficit du commerce extérieur est curieusement absent de la campagne électorale pour les Présidentielles comme si cet élément significatif sur la situation économique de la France n'avait que peu d'importance. Alors que, du temps du Franc, c'était un élément important du débat public comme lors des élections de 1981 qui avaient vu Jacques Chirac mettre en avant la "faillite" de la France en cas de succès de François Mitterrand et du programme commun.

Ces résultats sont pourtant tout à fait préoccupant avec un record de déficit commercial pour 2006 de 29.2 milliards d'euros. Record qui est la combinaison d'exportations pourtant relativement bonnes(+8pct) mais d'importations en hausse de10pct. Bien sur c'est le résultat de la hausse du pétrole en 2006 mais pour exporter, il faut quand même payer le pétrole qui nous sert à fabriquer nos produits d'exportations ! L'ensemble de la morosité des exportations et de la hausse des importations montre au global une perte de compétitivité de l'industrie française.

L'industrie allemande , dans le même temps, bat ses records d'exportations avec 893 milliards d'euros, record du monde, et surtout 162 milliards d'excédent alors que l'économie allemande est bien plus touchée par la hausse du prix du pétrole du fait de la modestie de sa production nuclèaire (+16pct sur ses importations). Pourquoi une telle différence entre les tendances des exportations entre les deux pays? Du coté allemand, la prise de conscience que les prix de revient avaient été affectés à la hausse durablement et qu'il fallait regagner de la compétitivité. Une industrie qui a réussi, en négociant avec ses syndicats, à regagner de la compétitivité en rallongeant içi et là la durée du travail ou en maitrisant les augmentations de salaires.

En France, rien de tel, peu d'effort en terme de prix de revient et de compétitivité pour la bonne raison que, ignorance économique oblige, nous ne savons pas ce qu'est un prix de revient ni pourquoi il monte et que la seule recette acceptée par ceux qui ont un travail pour améliorer cette compétitivité réside dans les restructurations et les départs anticipés en retraite.

L'Allemagne nous demontre bien que la lutte contre le chomage commence d'abord par l'amélioration des prix de revient qui génère l'accroissement des ventes et des parts de marché et ensuite seulement les embauches. L'épisode des 35hrs( à salaire constant) a consisté au contraire à augmenter les prix de revient de 6 à 11 pct, à perdre ensuite des parts de marché et des ventes et ensuite à licencier !

Pour en revenir à mon sujet, je lis dans la presse sous la plume d'une directeur de l'OFCE( Observatoire Français des Conjonctures Economiques) que ce faisant l'Allemagne avait commis le crime de "désinflation compétitive" pour nous prendre des parts de marché alors que la création de l'euro était en principe faite pour l'éviter. Peut être devrait il se demander pourquoi le déficit de nos échanges commerciaux n'est justement plus un sujet de débat politique? Grace à l'Euro, bien sur, que soutient l'Allemagne et qui nous évite soit de dévaluer à l'ancienne comme au beau temps du Franc soit de nous serrer la ceinture pour que nos produits redeviennent compétitifs.

D'ailleurs, l'Italie dans le même temps, par la voix de son Ministre des Finances vient de prendre le contrepied de la position française en rappellant "qu'une monnaie forte avait des avantages énormes et impose une recherche d'efficacité bénéfique pour augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs et permet aux entreprises de faire des acquisitions à l'étranger".C'est sans doute le volet de la recherche d'éfficacité qui rebute en France

Décidement l'économie c'est bien compliqué.