L'assassinat du journaliste pro arménien Hrant Dink vient de mettre en évidence à la fois la regrettable montée de l'extrémisme nationaliste et islamique dans ce pays et le fait qu'il ne pourra, qu'il le veuille ou non, échapper un jour à son devoir de mémoire et à la reconnaissance du génocide arménien.canalblog80

Ce qui permet d'en être convaincu, c'est la réaction extraordinaire du peuple Turc à la suite de cet assassinat, immédiatement lors de la manifestation qui a eu lieu les jours suivants et à l'occasion de l'enterrement de Hrant Dink. Le gouvernement turc, lui n'a pas paru à la hauteur de l'évenement et est en net décalage par rapport à son peuple. ll est vrai qu'il représente plutôt la tendance islamiste et conservatrice du pays, que des élections présidentielles vont avoir lieu dans quatre mois et que la situation politique en Turquie devient de plus en plus difficile.

En effet, entre le problème Kurde qui réapparait avec la réemergence Kurde dans l'Irak voisin, la montée de différents ultranationalismes dans un pays qui l'est déjà, et les difficultés à satisfaire les exigences de libéralisation du régime imposées par l'Europe dans le cadre des discussions d'adhésion à l'Union Européenne, la situation politique a tendance à devenir explosive.

C'est pourquoi la vigueur des manifestations et les appels à l'amitié entre les peuples arméniens et turcs à l'occasion de l'enterrement de Hrant Dink est un surprise pour nous qui ne suivons que de loin les évènements là bas et peut être aussi, du moins je l'espère, pour les partis ultranationalistes. Si le résultat de cet assassinat était effectivement d'amener les deux peuples à se rapprocher, Hrant Dink ne serait pas mort en vain.

"Les balles tirées sur Hrant Dink l'ont été sur nous tous" a déclaré Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc. Espérons qu'il oeuvrera désormais pour faire en sorte que les conditions d'une amitié entre arméniens et turcs puisse se présenter un jour.

Incidemment ces évènements ne font que faire ressortir plus cruellement le manque de courage de l'Union Européenne en n'imposant pas comme condition préalable à l'ouverture des discussions d'adhésion avec l'Union Européenne, la reconnaissance du génocide arménien. Le pauvre Hrant Dink serait peut être encore là si nous l'avions eu...