Belle maxime française reprise dans une version un peu modifiée dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1789.C'est à cette maxime que me font penser les difficultés que rencontrent içi et là les sociétés adeptes du multiculturalisme. Comme la Hollande, par exemple, au sujet de laquelle  je vous faisais part, dans un article du 20 décembre, des craquements qui se faisaient  jour désormais dans leur modèle multiculturel.

Je lisais récemment un article reportant le même type de phénomène pour un autre pays connu aussi pour son multiculturalisme, le Canada. Terre d'émigrants, le Canada ne pouvait être qu'un pays ouvert à toutes les cultures, les groupes ethniques et les religions.Le principe de base du pays est d'ailleurs que c'est la société qui doit s'adapter à l'immigrant et pas l'inverse. Une totale opposition avec la philosophie de certaines de nos "vieilles" démocraties, dont la France, où c'est à l'immigrant de s'intégrer au pays et à la société qui l'accueille.

C'est ainsi qu'au Canada, les Indiens Sikhs de la Gendarmerie Royale ont obtenu le droit de conserver leur turban avec leur uniforme et que leurs enfants ont le droit de garder leur petit poignard traditionnel, le kirpan, à l'école. Sur ces bases là je suppose que notre débat franco-français sur le port du voile islamique à l'école doit leur paraitre tout à fait ésotérique!

Hé bien, le Canada est lui aussi confronté à la montée des communautarismes. Celui des juifs Hassidiques, par exemple, dont la religion interdit de voir des femmes en maillot de bain et qui ont obtenus que le gymnase où s'entrainent des athlétes canadiennes en collant soit occulté de la lumière du jour. Au grand dam des sportives qui s'y entrainent et qui ont aussitôt protesté.

Celui des musulmans de l'Ontario qui ont également exigé la mise en place d'un tribunal de la charia, ce qui leur a été refusé. Enfin le Conseil Municipal de Montreal a accepté de respecter le jour du shabbah et de ne pas siéger ce jour là! Au grand dam là aussi des partis d'opposition qui ont manifesté leur grogne de cette décision en venant en pyjama en session.

Tout ceci nous montre qu'effectivement il n'y pas de liberté sans limite et que le bon fonctionnement de la liberté passe par la tolérance dans toutes les composantes culturelles d'une société ou d'un pays les unes envers les autres. Dès lors que l'on entre dans des oppositions d'intolérances respectives entre communautés ou religions sur tel ou tel grand principe des unes ou des autres, on se heurte immédiatement à des problèmes insurmontables qui peuvent facilement dégénérer.

Finalement, le respect du principe de " la liberté qui s'arrète là où commence celle des autres" apparait dans ce contexte comme plein de sagesse. Et la défense de la laicité, qui a pu nous paraitre parfois excessif, était finalement un des remparts importants sur lequel est bati la coexistence entre cultures différentes dans la société française...