En d'autres temps,nous aurions été très fier d'entendre que l'Iran avait choisi notre monnaie pour ses reserves de change et ses opérations commerciales. Avec en particulier ses ventes de pétrole qui devrait donc être désormais libéllées en Euros au lieu du dollar.

Or quand l'euro a été crée, l'idée était qu'il devienne immédiatement la deuxième monnaie de change et de transactions commerciales et à terme qu'il puisse supplanter le dollar dans ces transactions avec la montée en charge de l'industrie européenne. Pas de chance, les britanniques n'ont pas suivi l'euro et ont conservés leur livre, une rude concurrente, et surtout l'industrie européenne n'a pas réussi, loin de là, à devenir une vrai concurrente de l'industrie américaine. Quant au domaine du pétrole, particulièrement lié au dollar, les européens y étaient trés minoritaires.

Pourtant, tout le monde reconnait que le dollar et le gouvernement américain bénéficient d'une rente de situation extraordinaire qui permet aux Etats Unis de pouvoir vivre avec d'énormes déficits sans que cela ne les force à la moindre orthodoxie budgétaire. Notre Europe, adepte des déficits récurrents de la plupart de ses pays membres, aimerait sans doute bien pouvoir alimenter sa croissance de la même manière à cout de déficits.

Pas de chance par contre, c'est l'Iran qui vient d'en décider ainsi, le seul pays dans le monde dont nous nous passerions bien qu'il choississe notre monnaie. Celui avec lequel la troika européenne essaye de négocier en vain depuis de nombreux mois qu'il arrète d'enrichir son uranium. Celui qui est suspecté de financer le terrorisme international.

Il va donc falloir que l'Europe prenne position pour soit accepter cette première prise de prééminence sur le grand concurrent dollar soit de suivre dans les faits et les actions la politique américaine de refuser les échanges en dollars avec les banques iraniennes.

Il peut s'agir aussi d'une intox bien pensée d'une diplomatie iranienne particulièrement habile pour séparer ses adversaires en deux camps, les durs américains et des européens qu'ils sentent plus enclins au dialogue. Car dans la pratique des choses, il ne va pas être facile de faire passer dans les faits une telle décision. Les contrats signés, en particulier ceux à long terme, l'ont été en dollar et ne peuvent, sans surcout important aux frais de l'Iran, être convertis en Euros.

En tous cas, voila notre Europe au pied du mur de devoir prendre position contre l'Iran et le terrorisme en mettant en place des mesures similaires à celle des autorités américaines. Pour l'instant, elle est étonnamment muette.