Dechets electroniques:Les ordinateurs retournent mourir en Chine
J'avais eu l'occasion de vous faire part de l'effort important consenti par le fabricant d'ordinateurs Hewlett Packard pour récupérer les materiels qu'il fabrique et en éliminer proprement les dêchets. Depuis seul Dell, sous pression de l'opinion publique, semble vouloir suivre l'exemple de son concurrent.Or nous sommes maintenant dans un marché de renouvellement et donc des millions de vieux ordinateurs, imprimantes et maintenant téléphones cellulaires partent dans les poubelles de notre société industrielle. Ou peuvent ils bien aller? C'est simple, c'est la Chine qui récupère 80pct des ordinateurs mis au rebut de la planète et qui les demontent et en récupère les materiaux qu'ils contiennent.Très exactement dans la province de Guandong, district de Guyou.
C'est une activité illégale puisque qu'aussi bien la Convention de Bale interdit aux pays developpés de se débarrasser de leurs dechets électroniques en dehors de leur territoire que Pekin en interdit l'importation en Chine depuis dix ans! Ceci dit comme la Chine produit maintenant un très fort pourcentage de ces matériels, il ne serait pas anormal qu'elle récupère et élimine, officiellement cette fois, ceux qu'elle a produit.
Des centaines de conteneurs debarquent donc en Chine chargés de matériels périmés pour y être démonté. Passons sur les circuits et les méthodes utilisées pour les transporter en Chine. Il est vrai que cela doit aider les gigantesques bateaux porte conteneurs qui assurent le trafic Chine/Europe ou Amérique du Nord à trouver du fret pour le voyage retour.Tout le monde est donc content dans ce processus, les pays developpés à qui ça couterait les yeux de la tête d'en assurer le démontage sur place, les centaines de PME et d'echoppes chinoises qui en vivent, voire probablement les douaniers... Au total en effet ce sont environ 200 000 personnes qui en vivent en Chine.
Que fait on d'un ordinateur périmé? On le désosse et on en récupère tous les métaux précieux qui entrent dans ses circuits électroniques. Du platine,de l'argent, de l'or sans compter les faisceaux de cables en cuivre.Le cours de la tonne de dechets en vrac coute 500 dollars.Les fils de cuivre se revendent 8 Dollars le kilo et les metaux pécieux au prix du marché qui n'arrete pas de monter. Au total le bilan d'une échoppe qui desosse 2 à 3000 matériels par jour se monte à 20 à 30 euros. Ce qui ,en Chine, est dejà une somme respectable. La paye des employés qui font ce travail , en général des paysans qui viennent de très loin, est de l'ordre de 50 euros par mois.
Tout serait donc pour le mieux dans ce monde illégal s'il n'y avait d'autres activités infiniment plus polluantes que celles que je viens de vous decrire. Pour récupérer sous la fome métallique vendable tous les metaux présents, il faut jouer les alchimistes et attaquer à l'acide les composants après déchiquetage pour récupérer les métaux vendables mais aussi certains métaux lourds comme le mercure, l'arsenic, le cadmium ou le plomb. Dans des conditions innommables, sans protection de sécurité, et dans les vapeurs toxiques. Ce qui reste est brulé ou rejeté dans la rivière.
Un rapport au Conseil économique et social de l'ONU en 2003 signalait déjà des maladies infantiles liées au plomb.
Depuis une certaine prise de conscience des autorités et du parti a eu lieu et il est désormais interdit de bruler les déchets plastiques trop près des maisons. On a même construit une zone industrielle dans laquelle les effluents seront en principe controlés. Mais il est pas question de supprimer l'activité. "Au bout de dix ans, qui aurait le coeur de renvoyer tous ces gens chez eux?" dit le médecin local.
Ainsi va notre monde.

