Je vous avais  parlé dans un message du 16 juin de l'irresistible internationalisation des entreprises françaises et des conséquences que cela avait sur leur attitude vis à vis de leur marché national.

Une étude récente du Think Tank Bruegel, présidé par l'ancien Commissaire européen à la concurrence, Mario Monti, vient confirmer ces tendancesCanalblog_003. Son équipe vient en effet d'etudier l'évolution des ventes des 100 plus grosses sociétés européennes entre 1997 et 2005. Les résultats qui vous sont donnés sur le graphique ci contre montrent que ces ventes sont passées en 8 ans de 50pct sur le marché national, 21 dans le reste de l'Europe et 28pct à l'international dans le reste du monde à respectivement 37pct, 28pct(total Europe 65pct) et 35 pct pour les mêmes marchés géograhiques.Incidemment la repartition Europe/reste du monde des entreprises européennes est exactement la même que la répartition national/international des entreprises américaines.

L'internationalisation varie suivant les pays et les secteurs d'activité. Ainsi les télecoms et les banques restent très liées à leurs marchés nationaux respectifs.Les entreprises les plus "globales" sont les entreprises suisses, suivi des Britanniques, des Irlandaises, et des Allemandes.Les entreprises françaises restent plutôt centrées sur l'Europe. Les Italiennes restent très nationales ainsi que les Espagnoles et les Portugaises qui offrent par contre la spécificité d'être très présentes en Amérique du Sud.

L'étude confirme que l'emploi suit les marchés. Il est frappant par exemple de constater que le pourcentage des effectifs des sociétés françaises en France correspondent exactement au pourcentage de leur chiffre d'affaire réalisé en France soit environ 34 pct. La notion de champion national - et son corrollaire le patriotisme économique- semble donc un peu périmée. Exporter - pour les grands groupes- signifie créer des emplois à l'etranger. Vous comprendrez le soudain intéret de nos gouvernants pour les PME qui, elles, exportent à partir de France en y créant les emplois qui vont avec leur développement.

Cette constatation pose également la question de l'utilité des soutiens aux entreprises( et ceux à la recherche en particulier) qui bénéficient donc à l'emploi à l'étranger et aux actionnaires.

Enfin le rapport pointe du doigt l'émergence de la concurrence fiscale en Europe(Hollande, Pays de l'Est et désormais Allemagne) et prevoit de ce fait des transferts de sièges sociaux intraeuropéens.