12 juillet 2006

L'insupportable frustration du pouvoir qui vous échappe...

C'est ce que doivent ressentir nos hommes politiques en général et ceux qui nous gouvernent en particulier, le Président de la République et le Premier Ministre. Sinon, comment expliquer cet interventionnisme permanent sur des sujets pour lesquels ils ont perdu quasiment tout pouvoir, je veux parler de l'économie?

Dominique de Villepin, d'après les medias, a eu une passe d'arme sévère avec la présidente du Medef, Laurence Parisot, à laquelle il demandait "comment progresser et mieux travailler ensemble" et qui lui repondait  "en donnant davantage d'autonomie aux partenaires sociaux et des règles du jeu claires".

Notre Président lui même a cru bon de faire connaitre son avis sur l'affaire Euronext en faveur d'une option politique compréhensble certes mais pas nécessairement fondée sur le plan économique.

Je passe sur l'activisme de Premier Ministre et des Ministres en général. En commençant par la fusion de la Sncema et de Sagem sous l'égide de Nicolas Sarkozy, à la montée au front sur le patriotisme économique à l'occasion de la simple rumeur-qui s'est avérée érronée- du rachat éventuel de Danone par Pepsi,avec l'annonce de la fusion Suez-GDF en lieu et place de ses actionnaires, avec les cris d'orfraie poussés lors de l'Opa de Mittal sur Arcelor qui a eu les résultats que l'on sait, avec les récents conseils du Ministre de l'Industrie François Loos à Carlos Ghosn concernant le rapprochement GM/Renault/Nissan,à la conférence de presse de Thierry Breton sur Euronext etc etc.

C'est à croire que tout va bien dans la gestion de l'Etat pour qu'autant de ministres passent autant de temps à s'adresser aux français sur des questions qui concernent les actionnaires de ces entreprises. Or ce n'est pas l'impression que cela donne et ce n'est certainement pas de leur saine gestion de l'Etat que nos ministres peuvent se prévaloir pour donner des leçons aux acteurs économiques.

Notez que je comprends la frustration de nos hommes politiques. Ils sont passés en quelques années d'un pouvoir quasi absolu, une fois élus bien entendu,dans le domaine législatif et règlementaire, mais aussi dans le domaine économique de par l'emprise des sociétés nationales sur l'économie nationale, à une peau de chagrin de pouvoir.Du coté politique et règlementaire, l'Europe et Bruxelles rognent sans cesse leurs prérogatives et les controlent en permanence. De l'autre coté, l'économique,l'Etat a vendu ses participations dans les grandes sociétés nationales en perdant de ce fait un pourvoir d'influence très important(cf Arcelor). Les grandes sociétés, pour cause de mondialisation, sont désormais orientées vers le vaste monde et non plus le territoire français où elle ne réalisent plus qu'une part minoritaire de leurs profits. Elles sont également controlées dorénavant par des actionnaires à 50pct étrangers. Alors... elle n'écoutent plus les politiques qui les comprennent d'ailleurs de moins en moins, éloignés qu'ils sont des contingences de la gestion des entreprises.

La methode traditionnelle de nos pouvoirs publics n'aide pas non plus. Je sais et je décide ce qui est bon pour toi, voila à peu près comment traduire leur manière de faire. Quelques exemples, les 35hrs, le CPE bien entendu, dans des domaines plus pratiques le programme d'aide aux PME exportatrices dont je vous disais récemment combien il était peu apprécié des PME, etc etc.La compétence de la technocratie qui nous gouverne est dorénavant battu en breche et rejeté, par les entreprise comme par les citoyens d'ailleurs.

Le livre d'Alain Peyrefitte, Le Mal Français, actuellement réédité, pointait déjà du doigt cette attitude régalienne des pouvoirs publics comme un obstacle à la modernisation de la France. Trente ans après rien n'a changé dans l'attitude de nos gouvernants sauf que les problèmes deviennent plus complexes et les paramètres qui impactent les décisions de moins en moins controlables au niveau national.

Alors peut être faut il que l'Etat et les hommes poltiques en général arrètent d'entretenir l'illusion qu'ils ont une capacité a intervenir sur tout, en particulier sur le domaine économique ca ce faisant ils entretiennent les attentes des citoyens et finalement les déçoivent.Comme le lui a dit Laurence Parisot "L'étatisme économique ne peut pas être l'avenir de notre pays".

Posté par CaDerange à 07:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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