07 juillet 2006
Les PME et l'export.
Une enquête récente a été effectuée par le groupe Altares( anciennement Dun&Bradstreet et BIL) pour savoir comment les PME jugeaient l'aide que l'Etat est censé leur apporter dans leurs activités d'exportation et ses resultats ont été présentés à l'occasion du salon Avenir Export.
L'Etat s'est en effet aperçu récemment du déficit croissant de savoir faire export dans le domaine des PME, en particulier par comparaison avec celles de l'Allemagne réputées plus audacieuses dans ce domaine.Et comme les PME sont supposées être beaucoup plus souples que les grands groupes dans la gestion de leurs effectifs, elles s'imposent comme devant beneficier en tout premier lieu de la sollicitude de l'Etat pour les aider à exporter. D'où la mise sur pieds de programmes divers pour les aider, essentiellement sous la houlette de la struture Ubifrance.
Ubifrance propose donc aux entreprises de la documentation detaillée, pays par pays,sur les pays d'exportation, organise des salons dans différents pays auxquels les entreprises peuvent participer, réalise des études à la demande en utilisant les missions économiques en place dans les ambassades et peut mettre à la disposition des entreprises des VIE, Volontaires international en entreprise, qui sont des jeunes ayant achevé leurs études et désireux d'acquérir une première expérience à l'etranger. Le tout moyennant finance car UIbifrance doit équilibrer ses comptes.
Le résultat du dit sondage ne rend malheureusement que peu de credit aux efforts de l'Etat. En effet,sur les 600 sociétés de 10 à 100 salariés exportant plus de 5pct de leur chiffre d'affaire consultéees, seulement 1.2pct ont estimées que l'accompagnement des autprités administratives est à l'origine de leurs activités à l'export.Et 0.8pct seulement ont mentionné "l'accompagnement efficient des autorités Françaises locales et nationales" comme un des atouts qui leur a permis de réussir à l'export.
Moins d'une entreprise sur deux jugent les aides financières de l'Etat utiles (56pct), 54pct utiles les aides administratives, 39pct les relais de l'Etat à l'étranger et 30pct seulement la possibilité de recruter des VIE. Quant aux groupements de PME que l'administration vient d'inventer, elles sont mal reçues par les PME dont 27pct affirment ne pas y être intéressées du tout.En plus alors que les annonces se succèdent, elles semblent ne pas parvenir jusqu'aux oreilles de ceux à qui elles sont en principe destinées.Bref le bide total semble t il.
C'est tout à fait regrettable bien entendu à l'heure où notre pays a absolument besoin de dynamiser notre commerce exterieur. Ce n'est pas très surprenant néanmoins quand on considère la méthode typiquement administrative par laquelle ces programmes sont construits et qui sont toujours du type "top down", du haut vers le bas, des technostructures de l'Etat vers le petit entrepreneur. En oubliant souvent que la cible, le petit entrepreneur à la tête de sa PME, n'a pas ou peu d'argent et surtout pas ou peu de temps.
Espérons donc que notre Ministre du Commerce extérieur, dont la formation d'avocate ne la prépare pas nécessairement à comprendre le fonctionnement commercial des PME, saura rectifier le tir en leur demandant peut être de quoi elles ont besoin plutôt que de leur dicter.Un exemple parmi d'autre. A quoi peut donc bien servir un VIE sans expérience laché tout seul dans un pays étranger lointain pour le compte d'une PME?
A suivre.
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