J'avais eu l'occasion de vous signaler, dans un message ancien du 19 aout 2005, les menaces qui pèsent sur l'avenir du Traité de Non Prolifération de l'Energie Atomique, le TNP. C'est la combinaison de l'émergence de techniques plus faciles à pratiquer pour enrichir l'Uranium avec l'Ultracentrifugation et du developpement technique et financier d'un certain nombre de pays dans le monde qui les font passer dans le camp de ceux qui peuvent maitriser cette technique de production d'énergie nouvelle.Les pays candidats dans le monde à cette technique sont l'Afrique du Sud, le Brésil,et l'Argentine, en plus de la Chine, l'Inde et le Pakistan qui déjà maitrisent la technique nucléaire civile pour la production d'électricité et pour les applications militaires.

La difficulté dans l'utilisation du nucléaire est que, de l'enrichissement à 5pct en Uranium 238 suffisant pour les applications civiles, il est possible de passer à une enrichissement beaucoup plus important de type militaire(90pct). C'est en fait cette possibilité de passage d'un type d'enrichissement civil à un autre militaire qui font que la communauté internationale est particulièrement réticente à voir l'Iran pratiquer l'enrichissement de l'Uranium.

Voiçi qu'un autre signataire du TNP vient d'annoncer la construction d'une usine de production à grande échelle d'Uranium enrichi. Il s'agit du Brésil et de son usine d'enrichissement de Resende au sud de Rio.

Tout n'est pas facile pour autant pour concilier le respect du TNP et l'enrichissement. Le TNP prevoit en effet un controle strict par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique(transparence des activités,controles par des experts, visites inopinées) des activités d'enrichissement pour éviter justement le passage du civil au militaire. C'est ce qui pose problème avec l'Iran qui refuse ce controle et qui a montré avoir menti déjà dans ses déclarations sur cette activité.Le Brésil, lui, pretend que sa technilogie d'enrichissement est révolutionnaire pour refuser l'accés aux inspecteurs de l'AIEA de ses installations. Par contre, après de longues discussions, il a fini par accepter que l'Agence controle entrées et sorties des matériaux et productions de son usine. Ce compromis correspond au principe des controles de l'enrichissement prévu au traité mais en pratique pas avec le niveau de sureté de ce controle prévu au traité. En clair, sans la totalité de la batterie de controles prévu par le traité, il y a toujours des possibilités de fraude et donc de détournement de matières nucléaires à des fins militaires.

Le Brésil est donc quand même un peu en dehors des clous. Pourquoi alors l'accepte t on de sa part, comme d'ailleurs de la part de l'Inde qui elle n'a jamais signé le TNP? Parce que dans les deux cas la communauté Internationale "a confiance" alors que dans le cas de l'Iran elle n'a pas confiance...

C'est donc un critère éminemment subjectif qui fait la différence entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas procéder par eux mêmes aux activités d'enrichissement à but civil. Un équilibre donc discutable pour les nouveaux pays émergents dont la fierté nationale revitalisée par leur nouvelle réussite économique, passe par cette preuve de capacité technique.

Difficile survie pour le Traité de Non Prolifération de l'Energie Nucléaire. Et pourtant, c'est un élément essentiel pour la paix dans le monde....