15 mai 2006
Attractivité de la France pour l'investissement en baisse mais résultats en hausse!
Tous les ans, un institut Suisse implanté à Lausanne, l'Institute for Management Development, IMD, publie une étude sur l'attractivité pour les investisseurs des différents pays dans le monde.Ce classement est basé sur différents critères macroéconomiques(augmentation du PIB, Inflation, chomage etc), sur la qualité des infrastructures, celle des services de l'Etat(éducation, recherche etc) , sur la plus ou moins bonne gestion des finances de l'Etat et des critères plus subjectifs comme l'accueil fait à l'investisseur, la facilité de mise en place d'une société ou d'un investissement et la compréhension de l'économie.
A la simple énumération de ces critères vous visualisez déjà les points forts et les point faibles de notre pays.
Résultat des courses pour cette année.La France se retrouve en 35éme position en recul de 5 places par rapport à l'année dernière. L'Allemagne en perd 3 également , la Grande Bretagne 1 et le Danemark un gagne deux pour se hisser à la conquième place du classement. Ceux qui font un bond cette année et nous dépassent sont la Chine(+12places à la 19eme) pénalisée l'année dernière par la fragilité de son systeme bancaire et l'Inde(+10places à la 29eme).
L'IMD fait ressortir plus particulièrement cette année l'absence de corrélation entre les capacités économiques et la façon dont elles sont gérées. En gros les Etats qui vivent au dessus de leur moyens.Deux sont plus particulièrement cités, les Etats Unis et la France, qui tous les deux laissent leurs déficits publics et leur dette s'aggraver alors que le dynamisme de leurs industries(2eme et 5eme exportateurs mondiaux) devraient leur permettre de faire beaucoup mieux.
La concomittence de ce rapport plutot négatif et de l'annonce par le Premier Ministre d'un séminaire intergouvernemental, longtemps différé pour cause de perturbations diverses de l'action gouvernementale, sur l'attractivité du pays n'est peut être pas innocente. Elle reflète au moins le soucis de l'Etat dans ce domaine que ce rapport vient confirmer. A l'issue de ce séminaire qui se tiendra le 22 mai, ce sont pas moins de 40 mesures concrêtes qui doivent être annoncées sur l'environnement fiscal et légal de l'entreprise. Ira t on par contre jusqu'à essayer de réduire le cout de cet Etat, espérons le, mais les comportements gouvernementaux de tous bords dans ce domaine sur les 23 dernières années nous permettent d'en douter.
Bonne nouvelle par contre et un peu a contrario de ce classement. L'Agence Française des Investissements Internationaux(Afii) de Madame Clara Gaymard vient de présenter son bilan annuel qui malgré l'image de la France et les évènements de cette année est très positif avec 12pct de plus de projets d'investissements en France qu'en 2004, plus particulièrement dans des projets de taille moyenne et dans des activités de services plutot qu'industrielles.Par contre en terme d'emplois correspondant à ces projets, on retrouve des chiffres quasi identiques à ceux de 2004 ce qui corrèle bien avec la taille en baisse des projets.
Autre élément positif,la satisfaction de ceux qui sont venus s'installer l'année précédente que suit l'Afii et qui montre que nous savons retenir l'investisseur.Principaux investisseurs,les américains(29pct des emplois crées), les allemands(20pct) et les britanniques (8.6pct);
Que conclure de ces informations contradictoires? Peut être qu'il existe une vrai dichotomie entre l'activité des entreprises privées qui fonctionnent bien et sans bruit et l'image brouillonne que donne de la France son gouvernement, ses hommes politiques et ses médias complaisants. Alors messieurs, SVP, arretez un peu !!!
Gazprom entre sur le marché de la distribution du gaz en Allemagne
En même temps que Vladimir Poutine faisait valoir sa mauvaise humeur à Angela Merkel lors du sommet qui s'est déroulé en Siberie à Tomsk, Gazprom poursuivait dans la coulisse sa stratégie de developpement dans la distribution du gaz en Europe dont je vous ai déjà parlé.
C'est avec un de ses deux partenaires allemands dans le projet du Gazoduc sous marin sous la Baltique qu'il vient de faire affaire. Il s'agit de BASF, un des grands de la Chimie qui se transforme peu à peu en une société diversifiée et en particulier dans l'énergie. Basf et Gazprom se sont mis d'accord pour s'échanger des actifs qu'ils considèrent de valeur identique. Gazprom cède à Basf 35pct du gisement gazier du champ sibérien de Ioujno-Rouskoïe tandis qu'en échange Basf lui cède 15pct(moins une action) de sa participation dans Wingas, sa filiale de distribution de gaz en Allemagne. Comme Gazprom avait déjà une participartion de 35 pct dans Wingas, il monte donc à 50pct du capital mais c'est Basf qui en garde la majorité et la direction. Signalons que Wingas est le quatrième distributeur de gaz en Allemagne avec 9pct du marché.
Le second partenaire allemand de Gazprom dans la construction du Gazoduc sous la Baltique est E.ON qui est aussi largement leader sur le marché de la distribution de gaz dans le pays. E.ON serait également en discussion avec Gazprom pour un échange du même type, toujours avec une participation dans le gisement gazier de Ioujno-Rousskoïe en Siberie. Mais cette fois l'échange se ferait contre les actifs d'E.ON en Hongrie qui intéressent le gazier Russe. A suivre donc.
Le champ gazier de Ioujno-Rousskoïe est sitiué en Siberie occidentale et renferme entre 500 et 700 milliards de M3 de gaz. C'est le 19ème des plus grands champs gazier de Gazprom et représente seulement 1.3 pct des réserves de Gazprom.Il est prévu entrer en exploitation en 2008.
NB GDF a essayé d'entrer dans le capital de la société du Gazoduc sous la Baltique à ce jour sans résultat. il est vrai qu'en matière de distribution, GDF, propriété de l'Etat Français, n'a pas grand chose à offrir.Sinon...
Le Contrat d'Intégration.
Peut être ne vous en étiez vous pas aperçu dans le brouhaha médiatique incessant sur des sujets qui n'amusent que nos députés et nos journalistes infantiles comme l'affaire Clearstream, mais l'Assemblée Nationale vient d'adopter le nouveau "Contrat d'Intégration" qui établit les nouveaux droits et devoirs des immigrés en France.
Ce Contrat d'Intégration se rapproche énormément de la pratique américaine que je vous avais décrite dans un message ancien du 21 janvier 2005 et, plus près de nous, de celles de l'Angleterre et de l'Allemagne. Dans tous les cas, les nouveaux immigrants doivent apprendre un minimum de la langue pour pouvoir s'intégrer normalement dans l'activité du pays, apprendre un minimum des valeurs et des règles qui régissent le pays et doivent s'engager à les respecter. Aux Etats Unis, ça se termine par une serment public sur la Constitution américaine.
Le "Contrat d'Accueil et d'Intégration" qui sera signé par le nouvel arrivant leur donnera accès à une formation civique sur les institutions et les valeurs de la démocratie Française et lui donnera des cours gratuits de français pour assurer son autonomie. Le nouvel arrivant s'engagera à respecter les lois et règlements de la République.
En d'autres termes nous allons appliquer des procédures similaires à celles des autres pays européens là ou précédemment, tout nouvel arrivant , une fois obtenus ses papiers, était censé se débrouiller tout seul!