19 avril 2006
Etat: enfin la chasse aux dépenses...
Force est de constater que jusqu'à présent il ne s'est pas passé grand chose dans le domaine de la réduction des dépenses de l'Etat. Comme souvent on en parle, mais on ne passe pas à l'acte et il y a toujours une échéance éléctorale en vue pour empécher de faire quoi que ce soit. La preuve, rien en vue dans notre budget avant 2007.
Je suis personnellement en faveur de la démarche "à la Canadienne", c'est à dire la revue détaillée et critique des missions de l'Etat, ministère par ministère, et la suppression, la diminution ou le transfert au privé des missions qui ne relèvent pas du pouvoir régalien de l'Etat ou qui peuvent être mieux réalisées et moins cher par le privé, tout en restant sous le controle de l'Etat. C'est une démarche de réduction du périmètre de l'Etat soutenue par exemple par le rapporteur général du budget à l'Assemblée Nationale, Gilles Carrez, mais pas adoptée pour l'instant.
Je suis néanmoins très satisfait que le Ministre du Budget, Jean François Copé, s'attaque enfin au problème. Sa méthode est la chasse aux gaspillages par l'intermédiaire d'audits lancés régulièrement tous les 6 mois sur toutes sortes de fonctions et de procédures de l'Etat. La première vague de ces audits qui date d'octobre dernier, portaient sur 17 processus representant des dépenses de 1 milliards d'Euros.La deuxième vague a porté sur 20 audits pour un montant de 17.5 milliards de dépenses.
Sans vouloir entrer dans les détails, les audits ont déjà permis de dénicher des gisements d'économie dont apparemment personne ne s'était préoccupé auparavant.Je citerais le cout des bulletins de paye exhorbitants de l'armée et les 72 millions d'euros que coutent à l'armée sa communication, la gestion mal controlée de l'allocation adulte handicapés , les 28 000 enseignants sans poste et le vrai cout des examens, le laxisme dans les controles de la pèche qui nous coute 57.7 millions d'euros d'amende, la mauvaise gestion des hébergements d'urgence, ou encore la faible efficacité des achats de l'Etat etc.
La chasse aux dépenses a toujours existé mais sans doute sans la continuité ou l'obstination nécessaire à modifier les manières de faire existantes. Le meilleur exemple en est le travail de la Cour des Comptes qui pendant des années a publié tous les ans un rapport dénonçant certaines pratiques mais qui n'étaient jamais corrigées.
Ce qui est intéressant dans l'approche "Copé", c'est la méthode utilisée. Tout d'abord ce sont les ministères eux mêmes qui propose les processus à analyser. Les revues de ces processus sont fait par des équipes mixtes en provenance de plusieurs corps de l'Etat voire maintenant par des cabinets privés. Enfin les résultats de ces audits sont rendus publics sur un site internet, le "forum de la performance".
La troisième vague d'audits est en cours de lancement et portera sur des processus qui coutent 30 milliards d'euros à l'Etat. parmi les sujets étudiés on notera les aides au logement(13.9 milliards d'Euros),les éxonérations de chjarges pour les DOM/TOM, et l'allocation de solidarité. Au total ce seront des processus qui coutent 100 milliards d'Euros à l'Etat qui auront été audités avant la fin de l'année.
Souhaitons Bonne Chance au Ministre du Budget et à son processus d'audits. Car nous en avons vraiment besoin
La Turquie veut aussi ses centrales nucléaires
Le Ministre de l'Industrie de Turquie vient de convoquer les 13 plus grosses entreprises turques pour leur demander d'içi un mois des propositions pour implanter une centrale nucléaire prés d'un port de la mer Noire appelé Sinop. L'objectif du gouvernment turc est de construire au moins trois réacteurs pour une capacité de production d'électricité de 5 000 Mégawatts( pour mémoire 1 300 Megawatt est le standard actuel des centrales Françaises) qui pourrait êttre porté à 7500 avec l'appoint de producteurs privés.
La Turquie ne dispose d'aucune ressource énergétique et avait déjà lancé un appel d'offre en 2000 pour batir leur première centrale. Projet qui avait été annulé ensuite à la suite des difficultés économiques du pays. Mais au prix ou le pétrole et le gaz sont rendus actuellement, il devient très important pour la Turquie de s'assurer de ressources énergétiques durables et sures pour alimenter leur croissance économique . D'ou la réactivation et l'extension de ce projet.
Quelques raisons d'inquiètude concernant les projets turcs. Tout d'abord la Turquie est un pays ou les mouvements sismiques sont fréquents et très forts. Espérons que le site choisi est dans une zone à l'abri de ces mouvements sismiques de forte amplitude. Deuxième inquiétude, le site est sur la mer Noire qui est une mer fermée et qui donc peut être contaminé durablement en cas d'incident.
Enfin, l'un des enseignements de Tcherrnobyl est que la culture de sécurité de l'environnement industriel du pays doit être importante et affirmée si l'on veut être à même de prévenir les catastrophes toujours possibles. Dans un message du 4 avril, je vous faisais d'ailleurs par de mon inquiétude à voir des centrales nucléaires être prévues pousser comme des champignons dans des pays qui ont une très faible sensibilité à la sécurite ainsi que, par contre, des tendances fortes à la corruption. Depuis Tchernobyl, la conception des centrales a considérablement évolué et les centrales actuelles sont infiniment plus sures que les centrales du type de celle de Tchernobyl. Au point qu'elles sont prévues pallier, par redoublement des systemes de sécurité et gestion informatisée des incidents, à une faible sensibilité sécuritaire. Il est néanmoins impératif de hausser le niveau de prise de conscience des problèmes de sécurité du milieu industriel turc. A ce titre le "Inch Allah" de l'islam est un facteur défavorable à toute culture de sécurité, par l'acceptation que tout est toujours entre les mains d'Allah.
La corruption dont la Turquie n'est malheureusement pas exempte est aussi un facteur aggravant dans la maitrise des problèmes de sécurité. Le non respect des spécifications du chantier en terme de génie civil, des spécifications des matériaux choisis pour le réacteur et pour toutes les tuyauteries ou encore tous les sytèmes de sécurité peuvent avoir des conséquences redoutables en cas d'incident. La réception des différents élements de la Centrale devrait donc, à mon sens, être faite par plusieurs sociétés spécialisées extérieures au pays de construction.
En principe c'est l'AEIA qui doit gérer la conformité des pratiques de sécurité dans toutes les installations nucléaires.Il me paraitrait important que, face à la dissémination en grand nombre de centrales dans des pays en voie de développement, l'AEIA prenne ce problème à bras le corps pour éviter des incidents futurs.
Concentration en vue dans les sociétés de Bourse
Les Bourses de valeur sont des sociétés industrielles et financières comme les autres et à ce titre soumises également a des cycles de concentration. Comme le pétrole il y a quelques années, ou l'acier en ce moment.
Vous avez sans doute entendu parlé des discussions entre le London Stock Exchange, la Deutsche Borse de Francfort et Euronext qui une société fédératrice de plusieurs bourses européennes (Bruxelles, Amsterdam).
Une société de bourse, qu'est ce que c'est tout d'abord? En très gros, de nos jours, un système informatique qui permet de comparer les demandes d'achats et les offres de ventes et d'en déduire un cours d'équilibre auquel se fera la transaction entre vendeur et acheteur. Ce sont donc des sociétés de faible taille mais par contre très importantes dans le fonctionnement du système de marché. Elles peuvent être associés à des sociétés qui gérent les paiements entre acheteurs et vendeurs, les chambres de compensation, comme Clearstream, la société de compensation luxembourgeoise, filiale de Deutsche Borse dont on parle beaucoup en ce moment.
Au delà des sociétés de bourse européenne, nous trouvons aussi les bourses américaines avec le NYSE(New York Stock Exchange) ou le Nasdaq, la bourse des sociétés de haute technologie.Sans compter quelques raiders australiens comme la banque Macquarie.
Depuis trente ans, il ne s'est rien passé dans cette industrie, chacun restant chez soi. Mais depuis deux ou trois ans voila que ce monde bouge poussé par l'Europeanisation et par les fonds d'investissement anglo-saxons qui sont rentrés dans leur capital.
Dans un premier temps on a assisté à une attaque de la Deutsche Borse pour s'emparer du London Stock Exchange. Pas assez cher, a dit le London Stock Exchange!. Trop cher, on dit les deux fonds d'investissement anglais, Atticus et TCI, au capital de la Deutsche Borse. Et exit le patron de la Deutsche Borse !!
Entre temps Euronext, soucieux de participer à la consolidation du secteur, parle avec le London Stock Exchange et étudie des systèmes communs. Puis les fonds anglais Atticus et TCI s'invitent au capital d'Euronext et le pousse à s'allier à la Deutsche Borse. Ce qui a l'heur de ne pas plaire aux clients cette fois d'Euronext qui, tout en étant d'accord sur le principe de la concentration, ne la veulent pas aux conditions de la Deutsche Borse et en particulier veulent garder la liberté de choix de leur chambre de compensation.Et donc prennent position également au capital d'Euronext.
Entre temps le Nasdaq s'essaye à un raid à très haut prix sur le London Stock Exchange puis retire son offre devant le peu d'enthousiasme exprimé. Mais avant de refluer rachète à un gros actionnaire du London Stock Excange une participation au capital de 15pct.
Voila où nous en sommes pour le moment. Le London Stock Exchange passera t il entre les mains du Nasdaq? Euronext s'alliera t il avec la Deutsche Borse ou avec le London Stock Exchange? Ou bien un nouivel entrant dans la compétition comme le Nyse qui vient de se reveiller brutalement pour s'introduire en Europe va t il venir rafler la mise?
A suivre. Une chose est sure néanmoins, d'içi 3/4 mois, nous connaitrons l'heureux gagnant de cet embrouillamini.