Une nouvelle sorte d'intervenant dans les problèmes de gouvernance des sociétés privées est apparu récemment dans l'actualité. De la bouche de notre Ministre des Finances et de l'Economie, Thierry Breton:

Il s'agit des "parties prenantes", traduction,assez bonne d'ailleurs, du vocable Stakeholders américain par opposition aux actionnaires, en anglais Shareholders.De quoi s'agit donc?

Un actionnaire, c'est clair, c'est celui qui possède des actions d'une société, qui participe donc aux assemblées générales, directement ou par délégation, et qui est le décideur sur les résolutions proposées à cette Assemblée Générale. C'est aussi celui qui décide de vendre ou non ses parts de la société, volontairement s'il le souhaite par vente en bourse , ou à l'occasion lors d'une offre publique d'achat.

Les parties prenantes sont tous les intervenants dans la vie de la société, c'est à dire les salariés tout d'abord mais aussi les fournisseurs, les clients, les collectivités locales ou même l'Etat. Tous ceux qui participent, de prés ou de loin, à la vie de l'entreprise .C'est une notion nouvelle qui a été crée dans les anées 80 par l'économiste américain Edward Freeman avec l'idée que les entreprises et leurs actionnaires prennent conscience de leur insertion dans une communauté plus large qui est impacté par leurs décisions et donne à ces intervenants un certain droit non défini de les influencer.

Le seul problème a étét de savoir comment ces "parties prenantes" pouvaient participer aux décisions de l'entreprise, avec quelle légitimité et dans quel ordre hiérarchique. Et si l'influence de ces parties prenantes se  révélait  malheureusement négative pour la dite entreprise, qui en porterait la responsabilité financière finale? Malgré des études nombreuses des économistes, personne n'a jamais réussi à trouver la place et le moyen d'action de ces parties prenantes dans le système décisionnel. A part néanmoins la participation consultative des représentants des salariés au CE, CCE voire aux conseils d'administration dans certains cas. Et la hierarchie légale des créanciers en cas de faillite de l'entreprise.

Si la question refait surface dans la bouche de notre Ministre de l'Economie et des Finances, c'est bien entendu suite à l'OPA de Mittal sur Arcelor qui a révélé la faiblesse des gouvernements face au pouvoir décisionnel des actionnaires. Une manière en quelque sorte pour notre Ministre d'essayer de peser sur les décisions sans en avoir les moyens financiers et de montrer à l'electeur qu'il fait quelque chose pour défendre les joyaux de la couronne.

Pourtant, au moment de la création d'Arcelor à partir d'Arbed, Usinor et Acerallia, la part du capital de la société entre les mains des différents gouvernements Français, Espagnol, Luxembourgeois et Belge atteignait 30pct. Aujourd'hui où le problème se pose, elle ne represente plus que 5pct dans les mains du seul gouvernement Luxembourgeois.

Alors, quelqu'un dans chacun de ces gouvernements respectifs a du juger à l'époque qu'il y avait mieux à faire avec cet argent. Et les cris d'orfraie que nous entendons en ce moment ne sont malheureusement que de l'electoralisme...