Lors de la crise gazière entre la Russie et l'Ukraine qui avaient montré la fragilité de l'approvisionnement en gaz de l'Europe et comparativement la sécurité plus grande existant en France, j'avais pensé que pour renforcer encore cette sécurité il serait peut être intéressant de recharger en gaz le gisement  de Lacq aujourd'hui proche de l'épuisement.

C'eut été assez simple. Il aurait fallu construire un terminal de gaz au port de Bayonne et le connecter au gisement de Lacq. Le gazoduc existe peut être d'ailleurs déjà car Lacq dans les années 60 avait été relié à une bonne partie de la France. Ce serait d'ailleurs l'avantage d'utiliser ce gisement comme capacité de stockage de sécurité car il serait utilisable immédiatement en cas de problème.Peut être pourrait on même en faire un stockage de sécurité européen!

Pas de chance, le propriétaire du gisement de Lacq, le groupe Total,envisage plutôt d'en faire un site pilote pour y réinjecter du CO2. C'est une autre bonne idée quand même, car nous avons aussi besoin de développer la technologie de capture du CO2 dans l'air et de sa réinjection dans le sol.

La première difficulté consiste à séparer le CO2 qui existe dans l'atmosphère. Cette concentration étant faible, le plus simple et le moins couteux sera de le capturer à sa naissance, c'est à dire à la sortie de cheminées industrielles. Or il y en a plein à Lacq! On pourra donc y essayer les différentes techniques possibles comme l'injection en piéd de cheminée d'oxygène pour accroitre la concentration de CO2 en sortie de cheminée.

Quand à la réinjection dans la terre, le gisement de Lacq offre l'avantage, outre le fait d'être quasiment vide de gaz aujourd'hui, d'être un gisement en grande profondeur parfaitement connu. Or l'un des paramètres à suivre plus particulièrement quand on réinjecte du CO2, ce sont les fuites éventuelles et l'étanchéité du système de stockage. Car une fuite ou un relargage massif de CO2 à l'atmosphère liés à des failles géologiques, peut être très dangereux comme les relargages du lac volcanique de Nyos au Cameroun l'ont déja prouvé(Le CO2 issu du fond du lac, s'est répandu sur les pentes du volcan en y tuant des centaines d'habitants).

Dommage pour mon idée de stockage de sécurité de gaz mais je dois admettre que c'est une très bonne initiative du groupe Total de passer aux essais en vrai grandeur de réinjection de CO2 dans la terre. Nul doute qu'il aura place très bientôt pour ce type de technologie.