La privatisation, ou plus exactement l'ouverture du capital de GDF s'est très bien passé et peut être considéré comme un vrai succès.Félicitations à tous ceux qui l'ont préparée et bonnes chances au nouveau GDF sur son marché.Car en tant que contribuable et donc actionnaire majoritaire, nous avons tout intérêt à ce que GDF réussisse.

Par contre en tant qu'acheteur eventuel des actions mises sur le marché, on peut se poser la question de savoir pourquoi le salarié de l'entreprise a été beaucoup mieux traité que le contribuable dans ses conditions d'achat de ces actions.En effet, les salariés étaient particulièrement gaté dans les possibilités qui leur étaient offertes d'acheter des actions de leur société.Cinq formules leur étaient offertes qui cumulaient une décote de 20pct de l'action(10pct seulement pour le contribuable-actionnaire) , un abondement de la société, c'est a dire la prise en charge directe par la société d'une partie de l'achat,des distributions d'actions gratuites plus favorables que pour l'acheteur classique, des conditions de paiement très favorables.Au point qu'il faudrait que le cours de l'action baisse de 75pct pour que le salarié y perde.Pas étonnant donc que les salariés et anciens salariés qui bénéficaient aussi de cette générosité, se soient jetés sur cette proposition.

L'explication officielle en est que "politiquement, il était important que les salariés adhèrent en grand nombre au projet".Dont acte.

Mon but içi est de s'étonner que le contribuable français auquel cette entreprise appartient par l'intermédiaire de l'Etat, qui a contribué au même titre que la salarié à son développement soit dans les dotations ou investissements de l'Etat(qui a payé les gazoducs par exemple?) soit dans les tarifs qu'il a payé pour son gaz,n'ait pas été traité à parité avec le salarié pour ses conditions d'achats d'actions.Est ce l'idéologie dominante qui tend à considerer que le salarié a autant voire plus de droit que l'actionnaire, est ce la peur de la grève ou bien un certain clientélisme habituel à nos gouvernants pour "piquer" quelques votes futurs à l'adversaire, je ne sais.

Ce qui m'inquiète plus particuliérement dans cette vente d'action à conditions très préférentielles, c'est qu'elle risque d'être le modèle qui va être utilisé pour l'ouverture du capital d'EDF également.Or si dans la cas de GDF l'appel au financement public ,à ma connaissance a été minimal,dans le cas de l'EDF, le contribuable-actionnaire  aura deja du financer les investissements désastreux en Amérique du Sud, ceux de l'aventure italienne et devra financer ceux de l'EPR.Sans compter le financement des oeuvres du CE d'EDF! Le risque de grève étant encore plus fort à l'EDF qu'au GDF, va t on assister la aussi à un achat de paix sociale via des conditions particulièrement favorables de souscription pour le personnel(et les retraités!) ou bien les salariés prendront ils leur part, comme les actionnaires, des mauvais-et pas seulement des bons- investissements de leur société?Sans compter que les contribuables-actionnaires ont déjà récupéré à conditions préférentielles pour EDF le financement des retraites des employés EDF.

Vous connaissez sans doute la réponse.Il n'était tout de même pas inutile de soulever la question de l'égalité de traitement du salarié et du contribuable dans ces privatisations...