Je vous avais fait part dans un message du 11 mars de ma préoccupation sur le devenir d'un vin Français qui, confronté à la concurrence de plus en plus vive des vins étrangers(Australie,Chili,Etats Unis, Afrique du Sud, Argentine), continuait à dormir paisiblement sur ses deux oreilles et tardait à réagir à cette nouvelle concurrence.Mon diagnostic personnel était qu'il fallait d'urgence in,jecter une forte dose de marketing dans ce monde protégé depuis des décades par sa rente de situation.

Car la filière du vin française n'avait pas encore compris que le consommateur etranger n'a que faire de nos appellations compliquées et incompréhensibles et cherche à se raccrocher à un cépage, une marque,un certain procédé de fabrication(wooded ou unwooded) voire une certaine présentation.Par ailleurs les vins de ces nouveaux producteurs sont bons, je peux vous l'assurer, parfois meilleurs que ceux que vous pouvez trouver en France au même prix.Les puristes vont se hérisser au seul mot de marketing, mais n'oublions pas que l'exemple de marketing le plus achevé dans le domaine des vins est celui du Champagne.Sans compter Georges Duboeuf et son Beaujolais nouveau un peu vieillissant;Et puis il faut toujours choisir entre le statu quo cher aux français et les viticulteurs dans la rue ou l'adaptation au consommateur.Air connu...

Depuis cet article, il y a eu les viticulteurs dans la rue qui ont fait monter la pression en exprimant leur desarroi et en demandant des subventions, réponse classique en France à toute difficulté que l'on n'a pas su anticiper.Et qui,au passage, traduit cette croyance francofrançaise en un Etat éthéré,idéalisé et aux poches pleines dont on pense qu'il peut résoudre nos problèmes par un coup de baguette magique, alors qu'on demande simplement aux autres contribuables de pallier à ses propres problèmes.

L'autre élément très encourageant à été le le grand salon du Vin, Vinexpo, à Bordeaux ou l'on a pu voir,enfin, le vin français se reveiller avec des tas d'initiatives et d'idées nouvelles pour répondre à la demande du nouveau consommateur.Toutes d'ailleurs provenant du constat qu'il n'y a pas de culture marketing dans cette filière et qu'il faut maintenant écouter le consommateur et lui donner ce qu'il souhaite. Je citerais pèle mèle, le "Fat Bastard", création du negociant de Gigondas Gabriel Meffre,un vin charpenté et généreux comme son nom le suggère qui rencontre un vrai succés à l'export aux Etats Unis,le Mouton Cadet bien connu depuis des années et un peu méprisé en France dont packaging et même gout vient d'être revu,une nouvelle "ligne" lancée par le groupe Castel pour jeunes adultes et la clientèle féminine,You, nouvelle ligne également de la maison bordélaise Yvon Mau(le Jaja de Mau) pour le marché américain du vin dans la tranche 4 à 8 euros face aux vins du nouveau monde,les vins de "soif", le vin e-motif du syndicat des bordeaux et bordeaux supérieurs déclinés en "blancs excitant", "rose complice" et "rouge fusion".

Toutes ces initiatives nouvelles ne rencontrerons pas nécessairement le succès mais au moins la profession donne enfin l'impression de se battre pour comprendre le consommateur et faire vivre les viticulteurs autrement que de subventions.Le vin bouge, il n'est plus seulement celui des experts, des guides,des critiques gastronomiques et des intellectuels.Tant mieux et bonne réussite à tous!