Les évènements actuels et en particulier la montée du NON dans les sondages sur le Référendum sur la constitution Européenne montrent que les Français n'aiment plus l'Europe.

Il doit bien y avoir des raisons. J'en verrais plus d'une.Tout d'abord l'Europe que nos gouvernants nous ont vendus, celle de De Gaulle et d'Adenauer, de Pompidou, Giscard et même celle de Mitterand était une Europe Politique, dans laquelle la France, du fait de sa puissance économique, était censée avoir une position dominante et qui devait être une conjonction de pays de santés économiques comparables. Elle avait des frontiéres parfaitement définies, à taille humaine.C'est cette Europe-là qui plaisait aux Français et qu'ils avaient accéptée avec enthousiasme.Ce n'était en aucune façon un grand marché unique; C'etait un ensemble de pays avec des ambitions économiques et politiques mondiales. Un projet exaltant pour des descendants de Loui XIV et de Napoléon et pour des créateurs d'idées bien plus que pour des boutiquiers (ce n'est pas ma manière personnelle de voir le business, mais c'est celle des Français, hélas).Les Français la voyaient avoir progressivement une défense commune, une monnaie commune et une diplomatie commune. Une vision fédéraliste de l'Europe où chacun était maitre chez soi dans le respect de régles communes.De plus le développement économique était au rendez vous.

Comment se compare à cette Europe sans doute un peu idéalisée celle que l'on propose aujourd'hui aux Français? C'est dévenu un vaste Marché Commun, à 25 pays dorénavant, une vaste zone de libre-échange économique qui va de l'Atlantique à bien au dela de l'Oural avec l'arrivée probable de la Turquie. Pas de défense Commune, au contraire des interventions ponctuelles des uns et des autres sans vision commune.Une monnaie commune réussie mais pas encore adoptée par tout le monde. Une Diplomatie du même type,à géométrie variable avec des oppositions parfois fondamentales comme à l'occasion de l'Irak. En plus la France a assisté à une perte considérable de son influence avec le traité de Nice d'abord puis l'arrivée des nouveaux entrants, avec désormais un seul commissaire Européen mineur, des droits de votes réduits dans des votes à la majorité relative et donc avec un poids dans les décisions considérablement reduit.

Pas de frontières définies, on parle  maintenant ouvertement, en plus de la Turquie, de l'arrivée de l'Ukraine, du Maroc et de la Tunisie, de la Russie,de la Géorgie voire de l'Argentine. Une pétaudière donc.

Une sensation de ne plus être maitre chez soi, favorisée d'ailleurs par la défausse permanente de nos hommes politiques sur Bruxelles.Enfin une situation économique difficile pour tous les pays fondateurs mais encore plus pour la France de part ses déficits abyssaux, sa peur du libéralisme et son systême social le plus avancé du monde mais aussi le plus couteux. Enfin une incapacité à se reformer, ménée qu'elle est par une fonction publique ignorante des contingences économiques et surtout attachée à ses privilèges. Déboussolée par le Chomage,les délocalisations dont elle voit tous les jours les annonces dans la presse et la concurrence interne à l'Europe avec les nouveaux entrants à bas cout de tavail.

Enfin sans perpectives glorieuses, sans espoir à court terme de s'en sortir, sans projet ambitieux et mobilisateur.

Exactement le contraire de ce pour quoi les Français s'étaient enthousiasmés et mobilisés.Pas étonnant dans ces conditions que la morosité règne et que la méfiance vis à vis de cette nouvelle Europe s'impose peu à peu...

Bien sur tout cela n'a rien à voir avec la nouvelle constitution qui n'est qu'une méthode de fonctionnement améliorée du système, plutot favorable à la France d'ailleurs. Il est a craindre néanmoins que les electeurs ne veuillent exprimer sur ce sujet à leurs dirigeants leurs ras le bol de cette nouvelle Europe, comme ils l'ont déjà fait d'ailleurs à l'époque du referendum sur la décentralisation dont l'echec a vu le depart du Général De Gaulle...Et alors qu'ils n'ont rien à gagner dans cette fronde.Triste constat.