Dans le droit fil de mon article précédent sur les limites de la globalisation, un autre probléme du même type qui nous menaçe est la pénurie mondiale de certains produits de base. Il y à quelques siecles ou décades plutôt, c'était la pénurie de blé, de pain ou de produits agricoles de base qui declenchaient des famines et des révoltes . Ce temps n'est plus grace aux progrés de l'agriculture qui nous ont fait passer depuis dans une économie d'excédents . On entend fréquemment vanter comme un bénéfice des temps modernes la diminution des guerres voire leur disparition comme en Europe, mais un autre bénéfice tout aussi énorme du progrés est la quasi disparition, sauf pour cause de guerre, des grandes famines qui accablaient certains pays et régions du monde. Je parle , bien entendu, de pénurie physique de produits de première nécéssité, pas de pénurie pour cause de sous développement ou d'absence de revenus qui malheureusement continuent de ravager le monde.

Une des leçons de ces dernières années d'observation de l'économie mondiale est qu'il a suffi que deux pays du tiers monde, la Chine et l'Inde, se réveillent sur le plan économique et se mettent à se développer de manière brutale pour que nous voyions se profiler le spectre de la pénurie mondiale pour certains produits. C'est vrai pour le pétrole dont on redécouvre qu'il est en quantité limité sur notre planète et sans beaucoup d'énergie alternative à court terme. C'est vrai pour l'acier dont l'accroissement de la demande de ces deux pays jointe à celle de l'économie mondiale a provoqué dans une premier temps une saturation des moyens de production et dans un deuxieme temps une certaine pénurie liée à celle du minerai de fer disponible . C'est vrai pour le cuivre et d'autres matières premières qui suivent la voie tracée par l'acier. C'est aussi vrai de l'eau même si l'eau est un problème d'une autre narture dont je reparlerai. Cette pénurie est parfois physique comme celle qui se profile pour le pétrole, elle est parfois financière, crée par la position de monopole alors que la disposition physique du produit existe.

Le système s'adapte par la montée des prix de ces produits mais la vrai question est de trouver comment dévélopper des ressources additionnelles, ou des produits de remplacement disponibles et comment nous allons pouvoir gérer la pénurie à la surface du globe à l'horizon des 50 à 100 prochaines années. Essayons d'évoquer quelques pistes

- Reserver les ressources disponibles pour les produits pour lesquels elles sont irremplaçables. Par exemple commencer par  reserver le pétrole au transport pour lequel elle est incontournable et essayer d'en diminuer  l'utilisation pour la production d'électricité pour lesquelles des alternatives existent. N'oublions pas dans ce domaine la chimie des plastiques sans laquelle beaucoup de nos produits s'arreteraient d'exister et pour lesquels il faudra trouver des produits de substitution.

-Trouver des ressources additionnelles: Le fer et l'acier, par exemple, n'ont pas disparu  de la surface du globe. Ils se sont transformés et dispersés dans nos décharges publiques. le récupération est donc une source de matière première. Il faut par contre en renforcer considérablement l'activité

-Lister les matériaux critiques à court terme et moyen terme, évaluer l'année prévisionnelle de leur pic de production comme on l'a fait pour le pétrole, les reserves connues à la surface du globe et lister dans la limite de nos connaissances d'aujourd'hui  leurs remplacements immédiat et leur remplacement à long terme (En Anglais Ready Replacement et Forward Replacement) .De même lister les matériaux à fortes disponibilité à la surface du globe (le sable par exemple et donc la filière silicium/photovoltaique, l'oxygene et l'azote de l'air) et voir ce que l'on pourrait faire avec eux pour les substituer aux matériaux et produits existants;

-Lancer des programmes de recherches internationaux sur ces themes

-Essayer de réfléchir à des logiques de gestion de  pénurie c'est à dire réfléchir à la faisabilité d'imposer des quotas par produits et pays ou à laisser jouer la logique des marchés qui, je crains, sera celle du plus riche puis du plus fort.

-Essayer de réfléchir à un développement "renouvelable" en quelque sorte car comme il existe des énergies renouvelables, il serait souhaitable d'essayer de definir un modèle de développement basé sur des produits renouvelables.Le développement des économies planétaires est un fait d'une part et indispensable d'autre part;essayons d'en inventer un modèle soutenable à moyen terme sur la base de matières premières renouvelables.

-Réfléchir à nouveau pour ces échéances au controle de l'accroissement de la population humaine à la surface du globe

Le problème n'est pas encore la mais il se profile déjà et demandera beaucoup de temps pour pallier à la disparition progressive de certaines facilités existantes. Nos enfants seront certainement confrontés au problème et il me parait de notre devoir de nous en préoccuper d'ores et deja . Il me semble me souvenir d'avoir lu dans un livre de Desmond Morris appélé   " Le singe nu" comment le comportement humain, dans le cas d'une pénurie grave, régresserait au stade de l'animal ou des premiers hommes avec la lutte pour la vie permanente. Au niveau de sophistication des armes modernes, ce serait l'apocalypse assurée. Si nous ne voulons pas que nos enfants y soient confrontés dans 100 ans ou moins il serait temps de s'en préoccuper.