L'Europe des pays qui ont bati au fil des ans un modèle social avancé tels que la France, la Belgique, l''Allemagne, la Suede et d'autres, semble être en situation minoritaire dans la nouvelle Europe des 25, face à certains modèles ultralibéraux qui ont réussis comme l'Angleterre ou face à des nouveaux entrants sans acquis sociaux du tout qui basent leur compétitivité sur un cout du travail minimal allant parfois jusqu'au dumping social. La nouvelle Commission Européenne qui comporte beaucoup de membres des nouveaux pays entrants semble de ce fait avoir une tendance ultralibérale marquée.Les Pays de la "Vieille Europe" se sentent donc un peu orphelins dans ce débat.

Le Premier Ministre Belge, Guy Verhofstadt, vient d'addresser un document de proposition à la Commission et à ses homologues européens pour proposer des méthodes et un cadre règlementaire susceptibles de rendre compatibles le maintien des acquis sociaux des tenants d'une Europe Sociale et les orientations libérales des nouveaux venus et des partisans de l'ultralibéralisme.La philosophie de l'Europe de Monsieur Verhofstadt étant de dévenir l'économie la plus compétitive du monde sans mettre en cause le modèle social des tenants de l'Europe Sociale.

L'idée de base de cette proposition, pour supprimer les risques de concurrence entre Etats Membres qui déjà se font jour,  est de mettre en place des minimas sociaux dans les pays qui en sont dépourvus et des niveaux maximas de secteur public et de poids de l'Etat dans les pays chez lesquels ce secteur est au delà des maxima recommandés. L'ensemble de ces deux limitations devrait permettre de rapprocher les couts du travail et les conditons de la concurrence entre pays de conditions économiques et sociales opposées telles qu'on les  rencontre dans l'Europe à 25. En plus de ces suggestions de Minima/Maxima intéréssantes, Monsieur Verofstadt suggère égelement une réforme fiscale visant à augmenter les impots indirects, donc sur la consommation, et diminuer les impots directs qui pénalisent le secteur productif. L'idée derrière ce rebalancement entre impots directs et indirects découle du fait que les impots et charges sociales sur les produits sont tels actuellement qu'ils les rendent automatiquement non compétitifs par rapports à des importations en provenance de pays à bas cout du travail de l'interieur de l'Europe ou de pays extérieurs à l'Europe comme Chine, Indes etc.

On peut être ou ne pas être d'accord avec tout ou partie de ces propositions et je peux entrevoir quelques solides oppositions françaises sur certains de ces sujets. Elles ont le merite d'exister et d'être la première proposition reflechie et structurée sur les problèmes de disparités de statut et de niveau de cout au sein de l'Europe.

Bravo et Merci à Monsieur Verofstadt et à nos amis belges. Dommage peut être que Monsieur Verofstadt, qui a été candidat au poste de Président de la Commission Européenne, n'ait pas été l'heureux élu !